2010

Cet article a été initialement publié le 10 octobre 2010 sur un de mes précédents blogs intitulé ‘Créons ensemble de nouvelles richesses’ aujourd’hui offline.

 

Bloguer ce n’est pas qu’une question d’autopromotion. Ce n’est pas nécessairement chercher la popularité. Ce n’est pas qu’une question de valorisation de l’égo, une quête de la séduction, un penchant narcissique qui se résumerait à s’aimer au travers du regard des autres.

Il y a quelque chose d’autre, quelque chose qui mérite toute notre attention et qui pourrait faire de l’acte de bloguer un acte créateur de bienfait pour la communauté.

Car bloguer c’est aussi un moyen d’entrer en connaissance avec soi-même, c’est aussi un moyen de toucher du doigt sa différence à force d’approfondir le sujet qui nous fait vibrer.

C’est un moyen d’apprivoiser sa différence et de l’afficher au grand jour, de la revendiquer, voire même ainsi de créer du sens aux yeux des lecteurs, d’un seul lecteur quand bien même (et ce serait déjà une bonne chose). C’est afficher le produit de son intelligence unique ou permettre à celle-ci d’éclore par le jeux des commentaires que le blog suscitent. C’est donc mettre son intelligence particulière, talentueuse, au service de la communauté et le rendre disponible pour que par les jeux des interactions naisse une intelligence collective globale, planétaire.

Alors bien sûr les blogueurs ne sont pas une élite. Ils ne vont pas ‘sauver le monde’.

Il ne suffit pas d’ouvrir un blog pour automatiquement devenir un acteur co-créateur de l’intelligence collective planétaire.

En tant que blogueur nous ne sommes pas les premières cellules de cette intelligence collective comme je le titre mais sans doute les prémices de ces cellules. Nous sommes sur la voie et en prendre conscience pourrait nous aider à ne pas nous perdre en chemin.

Du fait de la position qu’il occupe dans notre société les blogueurs ont potentiellement la capacité de devenir des catalyseurs d’intelligence collective. Ce n’est pas pour autant que les blogueurs actuels ont choisis d’endosser clairement ce rôle.

Nous savions déjà au début de l’essor de l’internet durant les années 90 que l’une des plus belles destinations que celui ci annonçait résidait dans la constitution d’une intelligence collective digne de ce nom, il y avait débat sur ce sujet à cette époque, mais nous avons oublié cet aspect, nous l’avons chassé de notre esprit pour nous concentrer sur le développement de l’internet dans les sphères de nos activités traditionnelles quotidiennes, maintenant que l’internet s’est immiscé dans notre vie entière, dans notre travail, nos loisirs, notre éducation ou encore notre vie sociale au quotidien, nous allons pouvoir nous attacher à un déploiement de celui ci sur des sphères plus ‘intimes’ de nous mêmes et qui auront automatiquement des répercutions encore plus globales.

En nous dévoilant toujours plus dans des dimensions personnelles sur l’internet et en les partageant nous nous autorisons paradoxalement à élargir le champs d’action de l’internet sur nos ‘affaires’ courantes.

Ce qui compte, ce qui est créateur de valeur ajoutée et qui pourrait contribuer à nous faire faire un bond évolutif en tant qu’humanité, ce n’est pas le sérieux du contenu des blogs, de savoir si les blogs traitent de sujets sérieux et s’ils sont tenus effectivement par des experts dans leur domaine, ce qui compte c’est la manière dont ils sont tenus par leur auteur. Ce sont les valeurs à la lumière desquelles ils sont écrits.

Un blog sur le jardinage tenus par une sommité du domaine dont le lectorat se compte par milliers et un autre blog sur le jardinage tenu par un jardinier amateur dont le lectorat se compte par dizaines ont autant d’importance dans la constitution d’une intelligence collective global à partir du moment où ils sont tous les 2 tenus dans un état d’esprit bien précis.

Ce qui compte en premier lieu c’est que ces 2 blogueurs bloguent dans un esprit authentique de partage et de transparence c’est a dire avec sincérité. C’est la sincérité qui va permettre au blogueur d’offrir un contenu qui ne ressemble à aucun autre et qui donc aura tout son sens à exister et à être mis à la disposition de la communauté des hommes.

Un blogueur qui communique au fil de l’eau son expérience et fait part de ses réussites, de ses échecs, de ses doutes, de ses interrogations voire de ses propres trouvailles et mêmes si celles-ci peuvent aller à contre-courant du savoir académique est créateur d’une forme de savoir que l’on pourrait qualifier de «non savoir» lequel est une matière noble, une richesse pour son lectorat et la communauté. Il est un terreau approprié à la constitution d’une d’intelligence collective et dès lors qu’il sera relié à d’autres non savoirs disséminés sur la toile.

Quelque soit cette différence, ce talent que l’on va tout à la fois apprendre à connaître soi-même et chercher à communiquer aux yeux du monde, tout est dans l’attitude est celle-ci peut être résumée en 4 mots : partage, sincérité, transparence et neutralité.

C’est ainsi que le blogueur s’engage dans une voie royale où il ne se contente plus de partager les faits et gestes des autres, et notamment des entreprises, des marques, des politiques, des ‘peoples’ mais où il partage de façon transparente et sincère son propre vécu et sa réflexion sur les thèmes qui le passionnent ainsi que ses trouvailles. Il ne se contente plus de relayer du sens, il en créé. Il créé plus de sens qu’il n’en consomme. En parlant de lui, il parle aux autres. Et ce qui apparaît alors comme un exercice finalement très personnel contribue à l’avancement des intérêts de la communauté toute entière.

La volonté très humaine de mise en avant de son égo est toujours présente mais elle est maintenue en respect à bonne distance délibérément et par une volonté pas toujours très conscience d’elle-même, une volonté d’un nouveau type qui s’évertue à vouloir connaître sa différence, la façonner progressivement en un talent et l’afficher au grand jour. C’est une tentative d’apporter le meilleur de soi, de se connecter à son intelligence propre non pas comme un moyen unique de se faire valoir donc, mais comme un moyen de contribuer à l’enrichissement et l’enluminement du monde.

C’est une volonté qui participe à transcender et à tirer le genre humain vers le haut en percevant intuitivement chacun, à commencer par soi-même, comme une richesse à part entière unique qui mérite de prendre la place qui lui revient et qui est convaincu que la juxtaposition des richesses individuelles est en mesure de créer une richesse collective d’un nouveau type et qui ne pourrait apparaître autrement.

C’est œuvrer à l’avènement d’un monde de diversité où la liberté d’être différent, d’être soi sera enfin non plus l’exception mais la règle, où la coopération vraie succédera à la compétition maladive et à outrance.

La diversité est possible dans le respect et l’affirmation juste des différences à commencer par la sienne. Tel est la voie royale du blogueur et son leitmotive.

En guise d’épilogue à ce billet, j’ajouterais que si le profil de l’individu dont je parle plus haut dans cet article apparaît réellement dans un futur plus ou moins proche, il fera référence à une nouvelle génération de blogueurs que l’on pourra qualifier de ‘blogueurs créateurs’. Mais sans doute lui attribuerons-nous un nouveau nom. La conscience humaine évoluant et notre appropriation de l’outil internet changeant en conséquence, nous inventons régulièrement de nouvelle façon de nous expandre sur celui-ci. Nous nous dirigeons inévitablement vers une nouvelle forme majeure d’expression qui va succéder aux blogs ou les réinventer totalement. Ce que l’on nomme « réseaux sociaux » seront affectés par cette évolution également parce que ces derniers dans leur forme actuelle, n’ont de réseau social que l’apparence et le nom.

Cet article a été initialement publié le 6 octobre 2010 sur un de mes précédents blogs intitulé ‘Créons ensemble de nouvelles richesses’ aujourd’hui offline.

 

L’idée cours sur le web qu’il y aurait des blogueurs influents et certains blogueurs se voient attribuer ce titre. Blogueur influent ? Voilà une notion qui est un héritage du vieux monde et de sa manie à établir une division là où il n’y a pas lieu d’en avoir.

Bien entendu, un blogueur est un influenceur. Mais de là à en faire un signe distinctif entre les blogueurs c’est oublié que le net est le reflet de notre aspiration d’être-humain à créer un monde plus égalitaire. Nous avons créé l’internet pour nous ménager un espace où chacun pourrait être sur un pied d’égalité et c’est faire marche arrière que de vouloir distinguer parmi la population des blogueurs ceux qui, soit disant, seraient plus influents que les autres au point de leur attribuer un titre.

L’influence est une chose sur laquelle il serait sage de ne pas se focaliser et de ne pas chercher à mesurer parce que celle-ci répond à des mécanismes complexes que nous ne comprenons que partiellement pour l’instant.

Dans un univers où tout est lié et de plus en plus, comme a commencé à le démontrer la science de la complexité, tout participe à tout. L’internet est justement un lieu où la complexité se tisse à chaque instant à mesure que les liens hypermédias se font et se défont. Un blogueur n’est pas une unité séparée. Derrière un blogueur auquel on affuble le titre de blogueur influent, ou plutôt tout autour de lui, il y a une myriade de blogueurs et de lecteurs qui sont liés à lui et sans lesquels son existence perd son sens. Il n’en est pas pour autant le centre. Sans doute serait-il plus juste de le considérer comme une composante du groupe comme une étoile peut l’être au sein d’une constellation.

Nous adoptons une pensée partielle à un phénomène qui réclame pour être apprécié à sa juste valeur une pensée complexe. La notion de blogueur influent est le produit de cette pensée inadaptée.

En tant qu’internaute, lorsque vous revenez régulièrement sur un blog pour y lire des articles lesquels suscitent chez vous un intérêt et inspirent votre action cela ne signifie pas que l’auteur de ces articles vous influence. C’est vous en tant que lecteur qui êtes prêt à recevoir ce contenu et qui autorisez les effets qu’il peut avoir sur vous. Il en est ainsi du fait du cheminement qu’a suivi jusqu’à la lecture de ces articles votre pensée. Et cette pensée vous appartient.

Ces mêmes articles pourront n’avoir aucune conséquence sur d’autres lecteurs que vous, or si le blogueur qui en était à l’origine était soit disant un blogueur influent, il devrait influencer un point c’est tout. Il faut être 2 pour qu’une influence s’opère. Aucun blogueur n’a d’emprise sur son lectorat à moins que ce dernier ne le lui autorise.

En fin de compte il est peut être plus juste de considérer que c’est le lecteur qui est influent pas le blogueur. Car en effet le lecteur donne au contenu du blogueur du crédit par l’intermédiaire de ses clics, ses votes, ses re-tweets (RT) et ses commentaires. Cette attention apporté par le lecteur n’est-il pas la véritable source d’influence puisqu’il envoie au blogueur des signaux positifs qui vont l’inciter à poursuivre ou à revenir sur ces mêmes idées déjà exposées et cela notamment à des fins d’audience.

La notion de blogueur influent laisse supposer que les blogueurs endossant ce ‘titre’ sont des blogueurs plus importants que les autres, qu’il faut les suivre pour rester dans le courant, mais c’est oublier que bon nombre de grandes idées, et dans tous les domaines, sont restées dans l’ombre ainsi que leurs géniteurs avant d’éclore au grand jour bien plus tard. Ils n’auraient jamais été considérés inluents donc au moment opportun où ils ont écrits leurs idées maîtresses. Il peut y avoir donc des contenus, des idées livrés à un instant T mais dont le soi-disant pouvoir d’influence ne se révélera que plus tard lorsqu’un lectorat aura parcouru le chemin nécessaire à son assimilation. Il serait peut être judicieux donc de regarder les contenus sur le net qui ne font pas spécialement l’objet de recommandations sous un autre oeil.

Bien sûr l’internet du fait du brassage des idées et des savoirs qu’il autorise aurait tendance à raccourcir le temps avec lequel nous finissons par isoler les idées et les solutions talentueuses mais il ne peut pas se substituer à notre esprit et nous guérir de notre myopie.

La notion de blogueur influent laisse supposer qu’il existe des blogueurs plus influents que les autres. L’influence se mesurerait notamment à l’aune des tweets que suscitent le contenu publié sur son blog et/ou à l’aune en tant que micro-blogueur sur twitter par exemple des re-tweets (RT) que suscitent ses tweets. Seulement comment faut-il interpréter ce ‘pouvoir d’influence’ ? Le fait que le contenu de son blog ou de ses tweets suscitent un mouvement grégaire de recommandations signifie-t-il qu’il est le véhicule d’une pensée commune ? S’agit-il d’influence ou de mimétisme ? Son ‘influence’ sert-elle aussi à démocratiser et répandre des idées plus en marge ? Y parvient-elle ?

Soyons clair, le rôle de ce blogueur dit ‘influent’ est nécessaire à la blogosphère. Mais sans doute fait-il référence à une forme particulière d’influence. Ce qui est dommageable c’est de lui attribuer la qualificatif de ‘blogueur influent’ parce qu’ainsi nous occultons les autres formes d’influence et contribuons à focaliser l’attention sur quelque uns, à nous fermer à l’altérité et à créer un phénomène de starification rampante de la blogosphère ainsi qu’un phénomène de ‘course à l’influence’.

Je nomme ‘course à l’influence’ une certaine propension chez un nombre croissant de blogueurs à poster un maximum de billets sur leur blog ou leur micro-blog avec l’espoir qu’ils soient recommandés par un maximum d’internautes, d’amis (facebook) et de followers (twitter). Cela est tout à fait normal en soi mais ce qui change c’est l’intention avec laquelle ces billets sont écrits puisqu’elle est motivée davantage par des critères quantitatifs. Cette pratique si elle se confirmait et se maintenait dans le temps n’est pas de très bonne augure car le partage de liens qui est l’un des ressort de l’internet, sans oublié le partage de ses propres impressions et idées, perdent là en spontanéité et en fraîcheur et irrémédiablement tôt ou tard en intégrité. Une autre course, celle de l’audimat à la télévision, nous a appris à quel point le qualificatif pouvait être mis en danger à partir du moment où le quantitatif devait le référent principal.

Espérons que nous n’en arriverons pas là au sein de la blogosphère à moins que nous y soyons déjà puisqu’il commence à éclore sur le web des classements de blogueurs fondés sur des critères de mesure d’audience et de recommandations et donc d’influence.

Persister dans cette voie c’est jouer avec l’équilibre de la blogosphère et le menacer de se rompre.

Conclusion

Tout blogueur est un blogueur influent. Le titre de blogueur influent ne peut être une consécration pour un blogueur. Attribuer ce titre à seulement quelque uns c’est instaurer de l’inégalité dans l’internet qui est un espace où la valeur égalitaire est une valeur pilier, une valeur reine.

L’influence est une notion emblématique. Seulement nous avons une approche partielle, étroite du phénomène du fait de notre pensée qui gagnerait à devenir plus global et plus complexe et sans doute aussi à se désintoxiquer des valeurs du vieux monde. Sans doute allons-nous réviser totalement notre idée du phénomène avec le temps.

A-t-on par exemple songé à nous intéresser à la sérendipité comme mécanisme supplémentaire d’influence ? L’internet est un lieu propice aux sérendipités du fait de la façon dont il structure le savoir et l’information. Les publications d’un blogueur peuvent générer peu de recommandations sur le net mais être à l’origine d’un nombre notable de sérendipités.

Les blogueurs sont davantage à considérer comme étant une communauté en constitution. Si nous persistions à vouloir attribuer la qualificatif de ‘blogueur influent’ à quelque uns alors au minimum, demandons l’avis de chaque blogueur sur ces attributions. Personnellement, je ne participerai pas à un tel vote car encore une fois j’estime que tout blogueur mérite ce titre.

La vocation d’un blog ce n’est pas d’ajouter de la division et de tenter d’exercer une forme de pouvoir sur les pensées, d’influencer le plus de gens possible et même si cela peut être un effet corollaire du blogging. La vocation d’un blog c’est d’être l’espace d’expression libre de sa différence et peu importe si celle-ci n’engage qu’une faible audience et qu’un faible taux de RT.

Quand un blogueur parvient à afficher sans complexe sa différence en tant qu’individu sur son blog il est bien au delà de la notion d’influence. Il devient contagieux car il fait apparaître au grand jour ce qu’il a de meilleur et cela est naturellement source d’exemple et d’inspiration. Il fait écho à notre aspiration à vivre non plus dans un monde d’uniformité où les autres nous sont inconnus, mais dans un monde de diversité où les autres sont perçus comme nos égaux du fait de leur aspiration à faire briller au grand jour ce qui fait d’eux des personnes uniques. Connaître sa différence et la valoriser à sa juste valeur c’est là le but de toute existence et l’internet n’y est pas étranger.

Cet article a été initialement publié le 24 août 2010 sur un de mes précédents blogs intitulé ‘Créons ensemble de nouvelles richesses’ aujourd’hui offline.

Comment l’action de bloguer en nous offrant la possibilité d’apprendre à mieux nous connaître contribue à l’instauration d’une intelligence collective

 

Depuis plus de 4 ans que j’ai ouvert ce blog je me suis aperçu -et c’est l’une de belles surprises que m’ait offerte cette expérience- que bloguer c’est une manière d’apprendre à mieux se connaître soi-même.

On a pu dire beaucoup de choses à propos des blogs et notamment qu’ils étaient des lieux de mise en avant de l’égo mais ce n’est pas l’essentiel selon moi à moins qu’on décide d’y attacher de l’importance. Ce que l’on dit moins, c’est qu’un blog peut être utilisé comme un outil hors pair de connaissance de soi par soi-même.

Et même lorsque le billet que je fais paraître sur mon blog est imparfait il a au moins le mérite de venir du tréfonds de moi et de me permettre de m’emmener plus loin dans la connaissance de ce que je suis, et cela, ça n’a pas de prix car mon intuition me fait penser que la connaissance de soi est la seule chose qui compte vraiment au fond dans un monde en décomposition totale.

Car en effet lorsque toutes les structures et tous les repères auxquels nous avons été habitués pendant non pas seulement des décennies mais aussi des siècles voire, oserais-je dire, des millénaires tombent un à un, l’un après l’autre et même tous ensemble que nous restera-t-il à chacun sinon ce que nous aurons réussi à connaître de nous-mêmes, de nos talents pour les transmettre aux autres, au monde entier.

Cela c’est notre plus grande richesse, c’est le repère ultime dans lequel nous pouvons puiser à volonté et nous ressourcer et rien ne peu l’entacher ou le corrompre car il est d’essence humaine.

Combien de temps passez-vous à cultiver cette vraie richesse qui sera la votre et qui n’empiétera pas sur celle du voisin ? Si en fin de compte le web est potentiellement infini du fait de sa nature numérique et non physique c’est pour permettre à chacun d’y avoir sa place. Non ?!

A un individu ou une entreprise qui voudrait aujourd’hui ouvrir un blog. je lui répondrais oui allez y foncez ! car attendez-vous à aller un peu plus à la rencontre de vous-mêmes mais aussi des autres (ce qui revient au même) grâce aux conversations notamment que vous pourrez déclencher.

Sachez que bloguer signifie partager et échanger et donc apprendre à se connaître soi-même et par extension apprendre à connaître les autres et le monde qui vous entoure.

Il est donc un moyen de faire valoir votre mélodie personnelle, d’entrer en conversation non seulement avec vos lecteurs, avec les autres mais aussi avec vous-mêmes pour finalement vous permettre de distinguer ce qui parmi vous est de votre propre essence de ce qui ne l’est pasce qui encore une fois, est la seule chose qui vaille la peine d’être intentée aujourd’hui alors que nous tentons de traverser chacun individuellement et tous ensemble collectivement l’une des périodes de l’histoire de l’humanité la plus critique qui lui ai été donnée de vivre.

Dans la nouvelle terre que nous approchons et à laquelle la crise généralisée nous prépare vous ne pouvez emporter que vous-mêmes aussi tâchez de savoir ce qui vous appartient de ce que vous avez emprunté aux autres. Si vous tenez un blog ou tout autre chose qui s’en approche pour seulement y donner des liens vers des contenus que vous avez attrapés au gré de vos surfs, il est peut être temps de vous demander si vous ne perdez pas un temps précieux que vous pourriez employer pour nous parler de choses qui VOUS concernent et qui une fois partagées pourront sans doute intéresser la communauté des hommes et sa grande sagesse. Vous feriez alors l’agréable découverte que c’est vous d’abord que vous allez intéresser et enrichir en procédant ainsi.

Et du côté des entreprises maintenant on peut se demander si beaucoup d’entre elles -pour ne pas dire la très grande majorité d’entre elles- ne bloguent pas -ou pour certaines ne bloguent plus- parce qu’elles ont rompu avec leur valeurs fondatrices dont l’association et l’affirmation au grand jour faisaient d’elles des entités uniques et à succès  ? Est-ce qu’elles ont peur d’entrer en conversation avec leurs clients et la société civile dans son ensemble parce qu’elles pourraient s’apercevoir de ce divorce avec elles-mêmes du fait d’une financiarisation de leur modèle de développement déjà entamée ou auquelle elles songent ou s’attendent à plus ou moins court terme ?

Pourquoi ne comprennent-elles pas -ou font-elles semblant de ne pas comprendre après l’épisode tragico-comique du sauvetage des banques- que la financiarisation de l’économie est un leurre et que si celui-ci persiste c’est uniquement par perfusion et donc sans aucun avenir réel ?

Il existe une autre voie et celle-ci parle d’humanisation de l’économie qui est la seule voie qui vaille la peine d’être considérée sérieusement puisque faut-il le rappeler, l’humain est ce qui traverse le temps. L’humain existait déjà il y a 300 000 ans, pas la finance.

Les modèles de développement, les modèles économiques eux ont muté de nombreuses fois et changeront encore au diapason des nouvelles aptitudes que les hommes développeront et des nouvelles valeurs qu’ils mettront en avant en délaissant les anciennes comme de vieilles chaussettes.

Les blogs en leur permettant d’entrer en conversation avec elles-mêmes et donc de renouer avec leur valeurs fondatrices et à succès mais aussi en instaurant une conversation avec les clients et prospects qui sont avides d’un tel échange, sont une chance pour les entreprises et devraient leur permettre de s’éloigner des sirènes de la financiarisation.

Ben sûr le blog ne fait pas tout, il ne suffit pas d’en ouvrir un pour que le miracle se produise. Je parle bien d’adopter une attitude générale dont le blog peut servir de pierre angulaire.

Et maintenant j’aimerais vous dire comment ce processus de connaissance de soi se déroule en ce qui me concerne. Celui-ci se déroule en 3 temps :

1er temps :

Quelque chose éveille mon attention dans ma vie de tous les jours ou parfois dans l’actualité et cela parfois suscite en moi des réactions ou des idées nouvelles plus ou moins fortes, plus ou moins claires. Je jette sur le coin d’une feuille quelques mots voire quelques idées clef.

2eme temps :

Parfois dès le 1er temps je parviens à “pondre” un texte d’une seule traite qui ne demandera par la suite peu de corrections mais le plus souvent c’est après avoir laissé infuser en moi les quelques lignes de départ que je parviens à en faire un texte complet argumenté. Je le publie alors ensuite sur mon blog.

3eme temps :

Une fois que la publication du texte est effectuée je peux :

  • être lu par les internautes abonnés à mon fil RSS
  • avertir mes amis facebook et mes followers sur twitter de la sortie de mon article (mon facebook est bien actif mais ne cherchez pas mon compte twitter il est au point mort pour l’instant)
  • ce trafic va potentiellement m’apporter des commentaires sur le blog ou sur facebook et twitter lesquels vont contribuer à enrichir ma propre vision du sujet traité
  • autre aspect moins évident mais pas des moindres : je vais prendre confiance en moi et en ma capacité à traiter ce contenu. Publier sur un blog provoque un effet d’entraînement. Le plus difficile est le premier billet que l’on sort sur un sujet nouveau et d’autant que celui-ci nous est personnel. Ensuite cette « barrière » franchie alors on prend du plaisir à l’alimenter au moyen de nouveaux articles. Maintenant que j’ai réussi en ce qui me concerne à vous parler de méditation sur mon blog j’envisage de poursuivre sur ce thème plus sereinement alors que j’ai pris beaucoup de temps à vous dévoiler au sein de ce premier billet cet aspect de moi-même et ma vision personnelle du sujet qui n’est pas conventionnelle de surcroît.

 

Ce déroulement en 3 temps n’a rien d’extraordinaire me direz-vous et vous avez raison mais si l’on gratte derrière les apparences voilà ce que j’ai pu observer pour ma part tiré de ma propre expérience  :

Chaque étape est un bond autant quantitatif que qualitatif : je commence par quelques lignes puis je poursuis par un texte complet et enfin j’ouvre une catégorie spécialement dédiée afin d’y classer mes prochains textes faisant référence à la même thématique.

On peut dire que le rapport est de 1 pour 10 entre la 1ere étape et la 2eme et peut être de 1 pour 100 entre la 1ere et la 3eme étape.

Autrement dit et pour faire simple : 1 ligne en produit 10 autres qui à leur tour en produisent 100.

Ce rapport 1-10-100 me semble aussi bien refléter ce que l’on gagne à s’afficher au grand jour au travers de son blog. Tout d’abord en faisant l’effort d’argumenter sous forme d’un texte mes premières impressions personnelles je vais clarifier mes propres impressions de départ et faire parfois des liens inédits avec d’autres idées auxquelles je n’avais pas pensées au départ. Ensuite je remarque que plus j’exprime sur mon blog mes idées personnelles plus je me donne les moyens de creuser en moi pour en toucher du doigt d’autres car ce travail “d’accouchement” fait, je vais être davantage sensible à d’autres faits et impressions qui lui sont en rapport. C’est un processus qui s’auto-alimente et s’apparente à une pelote de laine que l’on déroule ou encore à un chemin que l’on creuse en soi et qui nous permet d’atteindre des contrées nouvelles parfois inexplorées de soi.

Autrement dit quand on commence à communiquer 1 chose sur soi on se donne le potentiel d’en communiquer 10 et quand on communique 10 on se donne la possibilité d’en livrer 100 parce qu’il en est ainsi de la découverte de soi.

Disons qu’une personne qui décide de partager sur son blog des idées et des événements personnels est au stade 10 quand une personne qui se contente de commenter les blogs des autres en est au stade 1. Le blogueur décidé à partager ce qu’il est sur son blog marche vers les 100. Car c’est une chose qui est rarement évoquée dans les débats sur la vie privée -vie privée soit disant mise en danger par les réseaux sociaux- nous sommes bien plus que ce que nous communiquons sur l’internet. Nous sommes bien plus que les 10 que nous allons communiquer aux yeux du monde et cela est d’autant plus vrai que nous nous inscrivons dans une démarche de connaissance de nous-mêmes qui nous prépare à découvrir le stade des 100.

La meilleure image que je puis prendre est celle de l’iceberg où seulement 10% de la masse totale est visible à l’œil nu, le restant étant enfoui sous l’eau. Or bloguer avec l’intention de partager ce que l’on est c’est se permettre d’aller explorer cette partie immergée et en plus de la rendre visible aux yeux du reste du monde.

Attention cependant cette tentative de découverte de soi à travers la tenue d’un blog doit être menée de façon sincère et ne doit pas être l’objet d’une simulation ou d’une tentative de plaire car alors l’effet en serait amoindri c’est à dire que le rapport 1-10-100 s’appliquera à une échelle moindre par exemple 0.5-5-50 ou pire 0,1-1-10.

Conclusion

L’enjeu du développement exponentiel de l’internet et du web c’est l’instauration d’une intelligence collective à l’échelle de la planète.

La découverte de soi est l’une des plus belle expérimentation que nous pouvons nous autoriser par l’intermédiaire des blogs. Lorsque l’on apprend à se connaître soi-même on touche du doigt ses talents, on touche du doigt sa différence et on finit par vouloir la communiquer et en faire profiter les autres. Les blogs sont un moyen idéal de le faire sachant qu’ils sont autant une descente en soi qu’un moyen d’aller à la rencontre des autres pour établir une conversation et cela à l’échelle s’il le faut de la planète.

Or lorsque l’on apprend à se connaître soi-même on finit aussi par vouloir que les autres connaissent leur différence et on comprend que chacun a une place à prendre dans la société qui est sa propre place et que personne d’autre ne peut occuper.

Comme je l’exprimais dans un précédent billet intitulé “l’humain est le moteur du web”, une intelligence collective digne de ce nom sera << sans doute ce stade où, occupant chacun une place qui nous est propre, nous nous entendrons pour réfléchir et agir de concert et sans effort dans une même direction. Personne ne perd inutilement son énergie à essayer d’imiter les autres ou à prendre leur place.>>

Lorsqu’un individu parvient à exprimer fidèlement ce qu’il est au travers de son blog et à s’afficher au grand jour sans en rougir et sans tomber dans le sensationnel ou dans tout autre stratégie pernicieuse de l’égo qui n’aurait que pour effet de renforcer son propre égo et, qu’en outre, il n’a de cesse d’approfondir cet exercice de connaissance de soi-même par soi-même pour explorer les recoins les plus subtiles de son être alors il devient pareil à un neurone du cerveau humain au service d’un tout, d’une intelligence globale.

Le contenu de son blog devient la parfaite expression de son talent et celui-ci étant par définition unique et non reproductible par les autres, il cesse d’être un contenu pour devenir une ressource authentique et celle-ci est à la disposition des autres, du monde qui pourront simplement s’en abreuver ou mieux encore la lier à d’autres contenus devenus également ressources uniques pour qu’ensemble ils produisent une richesse globale, une intelligence collective qui est un tout supérieur à la somme de ses parties.

Nous avons besoin d’individus internautes et blogueurs qui assument parfaitement cette nouvelle transparence et qui deviendront alors les cellules neuronales au service et à la disposition d’une intelligence collective planétaire en pleine émergence.

J’ai conscience qu’il nous reste un petit bout de chemin à franchir pour y parvenir mais nous sommes sur la voie.

La meilleure démonstration que je puis faire de ce que j’avance c’est que moi-même j’applique ces idées et je m’y attacherai du mieux que je peux dorénavant sur mon blog.