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On ne peut pas attendre de se comprendre totalement -et même si nous avons néanmoins la responsabilité de nous y atteler autant que possible- pour envisager de nous rejoindre et de construire ensemble face à la crise du plastique une réponse menée à une échelle inédite, tout à la fois collaborative et universelle.

Les premiers constats effectués par les scientifiques d’une pollution par le plastique des océans remontent aux années 70 puis ensuite aux années 90 avec la découverte d’un vortex de déchets dans l’océan Pacifique nord qui sera appelé communément le 7ème continent. Or nous avons tardé à prendre véritablement au sérieux ces avertissements aussi bien du côté des entreprises que des consommateurs. Nous sommes allés trop loin dans l’inaction et nous ne pourront résorber celle-ci qu’en adoptant une attitude résolument et délibérément orientée vers la collaboration, et même si donc nous estimons ne pas avoir tous les éléments en main pour nous comprendre et nous rejoindre.

Nous avons tardé parce que notre sensibilité aux enjeux environnementaux et planétaire n’était pas suffisante mais aussi et surtout parce que nous avons été animés collectivement par une volonté, aussi bien du côté des consommateurs que de celui des entreprises, de préserver et de favoriser nos intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Le risque est encore aujourd’hui grand que nous adoptions ce travers. En fait c’est la voie que nous empruntons une nouvelle fois.

Alors c’est sûr il ne se passe pas une semaine sans que des entreprises fassent des annonces sur ses intentions de bannir ou de réduire le plastique de ses produits à telle échéance et cela va produire des résultats, cela va participer à résorber l’émission de plastique dans la nature, mais il n’en demeure pas moins que ce sont aussi des tentatives inavouées de préserver pour chacune d’entre elles leur image autant que leur réputation auprès des actionnaires et autres parties prenantes c’est à dire de préserver leurs marges, leurs profits et les dividendes à reverser.

Bien sûr il y a des entreprises qui sont pour autant animées d’une vision et d’une volonté authentique de changer d’attitude vis à vis du plastique pour léguer aux prochaines générations un monde préservé d’une pollution par le plastique aujourd’hui galopante mais celles-ci restent néanmoins minoritaires. Il y a également des entreprises qui se sont mises d’accord à plusieurs pour entamer des changements.

Qu’à cela ne tienne au contact des entreprises et consommateurs animés d’une démarche plus authentique, les entreprises animées d’une volonté unilatérale de perpétuer leurs seuls intérêts propres pourront effectuer leur prise de conscience en cheminant et effectuées par voie de conséquence une mutation aussi bien de leur culture et de leurs pratiques. Elles ne peuvent être fustigées pour ce qu’elles sont mais acceptées car nous les avons autorisées à notre façon en consommant leurs produits.

Dans le monde en transition qui est le notre on ne peut pas décider de ceux qui ont le droit d’atteindre les rivages du nouveau monde en construction et ceux qui doivent rester sur la berge. Une transition implique que les plus avancés se tournent vers ceux qui ont pris du retard, les ressources et compréhensions de ces derniers pouvant de manière insoupçonnée servir à atteindre la berge d’en face.

Ce à quoi nous pouvons nous attendre c’est qu’une mise en commun tout à la fois de nos efforts, de nos compréhensions et de nos connaissances vis à vis du plastique et de la crise qui sévit autour de celui-ci produise une solution qui n’aurait pas la même portée s’il avait été le fait d’intelligences éparses, séparées et contradictoires, investis à produire des solutions orientées vers la seule satisfaction de leurs intérêts particuliers.

La pollution par le plastique est un fléau autant qu’une pandémie. Non seulement elle se répand partout aux 4 coins de la planète mais là où elle se répand, elle s’immisce et contamine le vivant à des échelles de mesure toujours plus fines atteignant jusqu’à l’échelle atomique comme le démontre les nano-plastiques. Elle atteint et perturbe aussi bien le règne minéral, végétal, animal que le règne humain. Elle est une remise en question globale nous obligeant à repenser aussi bien de nos modes de production et de consommation, nos habitudes alimentaires que nos certitudes sur des technologies que nous pensions installées pour des décennies et qui étaient censées nous préserver justement de la pollution. Elle agit à une échelle à ce point étendue et inédite qu’aucune entreprise ne serait y répondre et s’en préserver en restant dans son coin quand bien même elle y consacrerait de façon cumulée les ressources de ses différents services : marketing, communication, RSE, recherche et production.

Soyons lucides : nous ne savons pas répondre à une problématique ayant pris une telle ampleur. Nous n’y avons jamais été confrontée et nous ne pouvons estimer y parvenir en nous contentant d’adopter des comportements habituels puisque ce sont justement ces comportements qui ont laissé s’instaurer la crise du plastique.

Une entreprise qui aurait décidé d’agir ainsi pourra certes obtenir des résultats qui lui seront profitables, et préserver ses parts de marché ou en gagner des nouvelles du fait d’une reconnaissance acquise auprès de ses clients, mais ces effets n’auront qu’un temps et finiront par retomber car elle ne pourra pas rivaliser seule avec une pandémie qui faut-il le préciser est inédite dans l’histoire de l’humanité et pour laquelle nous ne savons encore que peu de choses quant à ses effets à terme sur les éco-systèmes aussi bien naturels que ceux artificiels créés par l’être humain, en particulier l’économie mondialisée. Cette dernière est totalement dépendant de l’écosystème naturel dont elle est issue et dépend directement. Or si l’écosystème naturel venait à s’effondrer en prise à une pollution plastique devenue hors de contrôle et comme cela est désormais en marche, l’entreprise qui viendra se targuer des résultats de sa politique en faveur d’une réduction ou disparition du plastique, n’aura même pas le temps d’en profiter dans un environnement général en décomposition et qui finira par l’engloutir.

On ne peut pas attendre de voir apparaitre les premiers résultats à l’échéance de quelques années des nouvelles mesures que vont prendre les entreprises en faveur d’une réduction et d’une suppression du plastique dans leurs produits pour constater s’ils ont été suffisants ou insuffisants sur la pollution et envisager dans le 2eme cas de corriger le tir. Nous n’avons plus ce temps devant nous.

Voici quelques points supplémentaires qui ajoutent à la complexité de la situation à laquelle nous sommes confrontés :

  • nous voulons voir apparaitre en tant que consommateurs des résultats rapides quand les entreprises elles ne peuvent engager des changements qui n’ont pas été au préalable pensés dans une planification stratégique pluriannuelle laquelle réclame du temps de mise en place ;
  • nous attendons que le plastique soient remplacés sans délais par des matériaux plus naturelles, moins polluants et recyclables tels que le carton, le verre ou les matières végétales ce qui va occasionner un accroissement exponentiel de la demande envers ces matériaux et les placer par voie de conséquence dans une logique non plus seulement industrielle mais productiviste et intensive susceptible de créer de nouvelles déconvenues que nous n’avons pas anticipé mais que nous ne manquerons pas de fustiger après coup en tant que consommateurs et de reprocher aux entreprises fabricantes ou distributrices (accroissement du coût de production notamment qui sera répercuté sur le prix de vente ainsi que fragilisation des environnements naturels d’où seront extraits les matériaux naturels et du fait qu’ils seront soumis à une pression nouvelle et inédite jusqu’à lors) ;
  • nous éprouvons du ressentiment envers les entreprises qui jusqu’à lors ont exploité le filon du plastique sans retenu avec les conséquences que l’on connait désormais sur le faune et la flore, les accusant de portée atteinte au vivant en oubliant que nous avons nous-mêmes contribué à cette catastrophe en achetant sans nous poser de questions et sans changer pendant longtemps nos comportements d’achat ;
  • nous exhortons les entreprises à changer les harcelants sur les réseaux sociaux notamment parce que nous n’arrivons pas nous-mêmes à faire face à notre propre impuissance face à ses enjeux nous confortant dans l’illusion commode qu’il y a des acteurs plus responsables que d’autres et alors que là encore nous avons nous-mêmes contribué à cette catastrophe en achetant sans nous poser de questions et sans changer pendant longtemps nos comportements d’achat ;
  • les entreprises baignant dans l’environnement concurrentiel qui est le leur se sentent pressées d’agir en faveur d’une suppression ou réduction du plastique dans leurs produits en initiant des mesures qui reprennent le plus souvent les demandes des consommateurs et clients exprimées notamment sur les réseaux sociaux mais sans y faire référence ce qui revient à détourner et absorber leurs idées et à se couper de la chaine de connaissance à laquelle elles appartenaient, à atténuer irrémédiablement leur portée et à décourager les consommateurs de devenir des sources émettrices et collaboratrices au service de l’intérêt général et alors que leur intelligence tout autant que leur implication sur le terrain est indispensable à une meilleure compréhension et résorption de la crise du plastique

 

Le risque

Si nous n’agissons pas d’une manière concertée et collaborative, consommateurs et entreprises réunies et entreprises collaborant entre elles également, à une échelle qui sans faire l’impasse sur les intérêts individuels de chacun permettait de servir l’intérêt général, nous risquons très gros.

Je ne vais pas revenir sur le risque que fait peser la pollution plastique sur l’éco-système naturel qui mériterait pourtant une bonne mise au point et pour permettre à ceux qui n’ont pas encore pris la mesure du désastre de se mettre à la page mais vous faire part d’un risque que je vois pointer et auquel à ma connaissance il n’y a pas eu d’échos encore mise à part dans le reportage d’Envoyé Spécial du 7 novembre 2019 sur France 2.

Ce risque c’est la disparition au pire de l’alimentation telle que nous la connaissons aujourd’hui et au mieux de sa mise en concurrence avec un nouveau mode alimentaire qui viendra malmener des siècles de culture alimentaire et dissoudre la promesse dont elle aurait pu être l’héritage.

Ce risque c’est que nous passions d’une alimentation cuisinée à une alimentation automatisée qui sera le fait d’imprimantes alimentaires 3D.

Voici 2 pages web dont l’une est un article vulgarisateur et l’autre une présentation de différents modèles d’imprimantes pour vous aider à appréhender le phénomène.

Si nous manquons de résorber la crise du plastique il va arriver un temps où le constat d’une nécessité de se passer de façon drastique de celui-ci va poindre. C’est bien en effet notre dernière carte que nous jouons actuellement pour tenter de résorber enfin cette crise qui comme je l’ai exprimé plus haut sévit depuis les années 70 et pour laquelle nous n’auront plus prise si nous ne prenons pas à bras le corps le problème.

Loin de moi l’idée de vouloir prétendre que les imprimantes alimentaires 3D n’ont pas leur place dans le paysage alimentaire. Elles pourront se révéler être une ressource utile mais à défaut d’une solution apportée à la crise du plastique qui soit enfin efficace et intelligente, elles ne serviront pas seulement à compléter nos habitudes alimentaires ou à les étendre mais se substitueront à celles déjà inscrites de longue date dans notre quotidien. Un repas entier pourra être pris par leur truchement et sans aucune culpabilité pour ce qui relève du plastique comme c’est le cas actuellement lorsque l’on prépare son repas en 2019 d’une manière traditionnelle.

Le principal atout des imprimantes 3D : leurs matières premières alimentaires, c’est à dire les matières qui serviront à l’impression, seront fournis dans des contenants dénués de plastique.

Voulons-nous laisser à nos descendances un tel héritage ?

 

La solution à envisager

Il est indispensable que toute entreprise ou individu qui développe une solution pour faire face à la crise du plastique accepte que sa solution devienne une brique d’une solution plus grande. Ces solutions mises bout à bout formeraient alors un vivier de réponses mis à disposition et dans lequel toute entreprise pourrait venir puiser librement pour répondre à la problématique concernant le plastique qui est la sienne.

Chacune des solutions ainsi offertes serait en outre soumise à une amélioration constante par le jeu de contributions collaboratives.

Prenons l’exemple de la solution que j’ai soumise à Carrefour et à Danone et qui consiste à ce que les clients de Carrefour se dote d’une plastibelle, puis viennent déposer leurs emballages plastiques en magasin pour que ceux-ci soient stockés avant d’être remis à des solutions de recyclage, de réemploi et de réutilisation respectueuse du vivant, de la planète et des générations futures.

Cette solution pourrait être prise comme première brique de la solution universelle en constitution.

Elle est déjà soumise à une licence collaborative qui ouvre la possibilité pour tout à chacun de contribuer à son amélioration. Cette licence inventée par mes soins et intitulée ‘Richesse collaborative universelle’ pourrait être prise comme licence de référence à tout autre solution qui rejoindrait le vivier de solutions dont je parlais sachant que cette licence elle-même est soumise à la contribution des internautes qui souhaitent l’améliorer.

Le site web ‘Mission Zéro Plastique’ de Carrefour pourrait constituer une solution supplémentaire constitutive de la solution universelle ainsi entamée.

Et ainsi de suite.

C’est un fait peu connu ou tout au moins un fait peu relaté dans l’information médiatique mainstream : un créateur dont vous malmener la création est un créateur que vous soumettez à un traumatisme qui lui-même engendra une situation de stress post traumatique.

Je n’en suis conscient que depuis peu de temps, c’est à dire, depuis quelques mois. Je suis parvenu à mettre des mots sur l’expérience désagréable qui suivait chacune des fois où mes créations ces 10 dernières années ont été détournées / pillés / plagiées un peu par hasard en effectuant des recherches sur le web. Pendant longtemps j’ai vécu cette ré-appropriation de mes créations effectuées sans mon consentement comme une douleur sourde, une blessure, que je dissimulais autant que possible avec pourtant des conséquences très réelles au quotidien pour moi.

La prise de conscience a eu lieu pour moi cette année. En février 2019 je donne ma conférence sur la pollution plastique et je découvre quelques temps plus tard qu’un acteur orléanais a repris à son compte une partie du contenu que je défendais dans celle-ci. Je parle d’un contenu personnel qui avait été le fruit de ma réflexion et qui livrait d’une manière originale une voie de sortie pour faire face à la pollution plastique. Je vais lui en faire part immédiatement de mon mécontentement par voie numérique mais celui-ci va totalement m’ignorer ajoutant à mon désarroi.

Pendant les semaines qui ont suivi j’ai connu une période très désagréable. J’avais perdu mes moyens. Mon cerveau était constamment occupé à ressasser les événements. Il y avait eu traumatisme et j’étais en situation de stress intense mais je ne m’en suis aperçu qu’avec le temps en effectuant des recherches pour tenter de comprendre ce que je traversais.

Il faut savoir que la création et d’autant plus que celle-ci est le fruit d’une démarche intime et originale oblige à un travail long de réflexion, de recherche et de construction. Créer c’est littéralement partager une partie de soi-même et lorsqu’une personne mal intentionnée se l’accapare d’une manière ou d’une autre, vous la lui arracher avec des conséquences très difficiles pour l’auteur de la création.

Bonjour M. Bompard,

Comment en êtes-vous arrivé alors que je vous tendais la main en tant que client de votre enseigne à me traiter en retour comme le pire de vos concurrents ? Non seulement vous avez ignoré mes invitations mais dans le même laps de temps que je vous les adresse, votre équipe développe un micro site web intitulé « Mission Zéro Plastique » qui vient faire barrage à mes invitations et à la création associée « Plastique mon amour! ».

Quelle est la grandeur de votre enseigne au juste ? Est-ce qu’elle consiste à écraser de tout son poids les clients créateurs dont je fais partie pour en absorber la substance moelle ? Ce ne serait pas plutôt de reconnaitre à ceux-ci un pouvoir d’innocuité et leur permettre de vous le transmettre dans un cadre ad hoc emprunt de confiance et collaboration ? Votre plateforme sur le zéro plastique aurait pu être un tel cadre si elle ne s’était pas construite sur une ruine sciemment orchestrée par vos services, la mienne. Pensez-vous pouvoir construire quelque chose de viable et durable sur des décombres ?

Avez-vous conscience de ce à quoi ressemble mon quotidien depuis la sortie de votre plateforme ? Comment vous et votre équipe avez-vous pu rester imperméable à mon message posté ce jour-là ? Avez-vous conscience que les créateurs de ma trempe sont des individus animés d’une volonté d’apporter de façon altruiste le fruit de leur réflexion et de leur travail ? Si je n’attendais rien en retour de la main que je vous tendais cela ne signifiait pas pour autant qu’il fallait me considérer comme un faible insignifiant qui ne pourrait se défendre. En agissant ainsi vous perpétuer un monde où il est coutumier d’en imposer aux autres autrement dit de faire valoir son pouvoir pour écraser son prochain plutôt que de l’aider à s’élever.

Nous sommes à un tournant de notre histoire en tant que civilisation. De notre capacité à prendre nos responsabilités partout où des crises font peser la menace d’un effondrement systémique dépend notre avenir ainsi que celui des générations futures. Si dès lors qu’un créateur intente quelque chose de neuf pour tenter une voie de sortie par le haut et qu’en retour il ne peut finalement espéré qu’être malmené lui et sa création alors nous construirons à coup sûr un monde où plus personne n’osera prendre d’initiative créative à un moment où leur nécessité se fait sentir de façon impérieuse.

Vous avez présentement le choix de faire de l’internet où vous êtes venu oeuvrer un cran au dessus avec votre plateforme « Mission Zéro Plastique » un enfer ou un paradis de la création ? Qu’allez-vous choisir ? Réhabiliter la source de votre inspiration (ma création) a minima en la citant ou ignorer ce fait une seconde fois après cette lettre ?

Bien cordialement,
Boris Perchat

Nous vivons notre dernière chance d’adopter enfin une autre attitude vis à vis du plastique qui ne soit pas synonyme de pollution rampante de nos écosystèmes et de notre corps physique. Si nous la laissons passer nous n’aurons plus prise sur celle-ci car la pollution plastique laissera la place à quelque chose de plus gigantesque et pour laquelle nous n’aurons aucune capacité réelle, je pense à quelque chose qui pourra s’apparenter à une forme de contamination plastique du vivant. Et je n’invente rien cette contamination a déjà commencé dans sa forme la plus basique même si son constat n’est pas encore fait au moyen de ce terme.

Une première chance s’était proposée à nous lorsque le navigateur et océanographe Charles J. Moore dès 1997 découvre le vortex de déchet qui occupe le Pacific Nord communément appelé « 7eme continent ». Nous avions la possibilité de réagir conséquemment à sa découverte et de façon à entamer délibérément une résorption des quantités qui s’accumulaient dans les océans or nous l’avons laissé passer si bien qu’un vortex de déchets plastiques occupe désormais chaque océans du globe ainsi que la mer Méditerranée comme nous l’avons découvert tout récemment.

Soit notre civilisation va prendre dans ces prochains mois suffisamment la mesure de l’étendu du phénomène de la pollution plastique et prendre à bras le corps le problème de façon consciente et résolue, soit nous serons exposés à une réalité que nous ne pourrons plus transformer mais juste subir avec des contraintes imposées dans nos actes de production et de consommation les plus élémentaires. C’est là que nous comprendrons que finalement cette pollution qui nous paraissait incommensurable, déroutante et décourageante ne l’était finalement pas en comparaison avec la réalité dont elle a accouchée et face à laquelle nous n’aurons plus de marges de manœuvre.

Car si vous êtes anxieux vis à vis de l’actuelle pollution plastique, sachez que vous n’avez encore rien vu de ce qui nous attend or étant donné que chacun a eu sa part dans ce désastre il suffirait que chacun réoriente sans délais son action quotidienne même si cela doit commencer de façon modeste et même de façon très modeste. Votre anxiété en effet ne se nourrit pas d’autre chose que de votre capacité à repousser le passage à l’action. Par où commencer ? Par ce qui vous paraitra le plus sensé et le plus facile, vous pourrez ensuite vous consacrer à des tâches plus conséquentes en vous appuyant sur la confiance que vous aura insufflée vos premières petites réussites. Quoiqu’il en soit commencez sans plus attendre.

A un niveau collectif maintenant il est clair que nous sommes aveugles de la chance qui est là devant nous à portée de main. Celle de pouvoir encore infléchir par un effort conscient et délibéré ce que nous avons nous-mêmes créé. Nous avons 2 gros soucis. Premièrement le nombre d’individus et d’entreprises qui s’impliquent en faveur d’une consommation plus vertueuse du plastique, que ce soit pas réutilisation, réemploi ou recyclage, est encore relativement faible. Deuxièmement, il subsiste une croyance selon laquelle la pollution plastique c’est en fin de compte la faute à l’autre. C’est la faute aux industriels, c’est la faute à l’État, c’est la faute aux pays émergents, c’est à la faute à celui qui consomme sans réfléchir…

Si vous êtes tentés par cette dernière approche… demandez-vous : que vont penser de nous les générations futures dans 20 ou 30 ans ? Et que pense ne serait-ce que la génération montante, nos enfants, de notre façon actuelle de réagir ? Que nous avons pris conscience de l’opportunité de notre pouvoir d’infléchir ce qui nécessitait de l’être et d’avoir eu le courage de passer à l’acte ou au contraire vont-ils nous consacrer comme une génération qui a démissionné de tous ces devoirs dans un élan incompréhensible tout à la fois d’égoïsme, d’irresponsabilité et de lâcheté ?

La pollution plastique est un sujet complexe, non pas compliqué mais complexe. C’est à dire qu’elle s’est construite par le jeu cumulé d’une hétérogénéité d’acteurs qui dépendent les uns des autres. Toute tentative d’incriminer un acteur plutôt qu’un autre est une approche stérile vouée à l’échec sur tous les plans.

L’enjeu qui est devant nous au fond c’est celui d’apprendre à déconstruire ce que nous avons nous-mêmes créé. Et de commencer à le faire à son propre niveau. Il ne s’agit pas de décroître mais plutôt d’apprendre à croître tout en déconstruisant. Il ne s’agit pas de détruire notre relation au plastique mais plutôt de nous alléger de celui-ci partout où il est une source de dommages pour notre environnement et donc irrémédiablement pour nous-mêmes. Nous dépendons de l’environnement et donc si nous ne prenons pas soin de le préserver de la pollution, ce que nous en retirons nous pollue à notre tour réduisant nos chances de croître. L’équation est imparable. La nécessité de nous y conformer tout autant.

Cette déconstruction est un choix que nous pouvons encore entamer délibérément sans attendre. Elle nécessite de nous poser la question de notre lien avec ce matériau, d’apprendre à mieux le connaitre et d’en scruter la nécessité dans toute production et toute consommation. Elle nécessite en outre de réinventer notre lien avec sa fin de vie de surcroît.

 

Il a beaucoup été fait mention ces dernières années de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Or mon expérience mais aussi l’actualité m’ont enseigné que l’entreprise doit se préparer à endosser d’autres responsabilités. En voici 4 nouvelles que j’ai formalisées :

La responsabilité humaine des entreprises 

Dans une économie exsangue qui cherche des relais d’expansion pour ne pas s’effondrer nous en sommes parvenus à un stade où ce sont désormais les attitudes humaines, ses valeurs et vertus qui sont devenus les éléments de marchandisation. Il n’y a pas un jour où l’on ne voit pas une publicité venter les mérites d’une entreprise sous l’angle d’un “Love your imperfections”, “This is your life. Be a hero”, “Devenez qui vous voulez”, “Listen for yourself”, etc.

Les entreprises jouent avec ces assertions en feintant d’en mesurer leurs effets sur la psyché humaine (et notamment auprès des jeunes générations) alors qu’aucune d’entre elles n’est anodine et ne peut être réduite véritablement à un slogan publicitaire. En principe ce sont des assertions qui relèvent d’un père ou d’une mère envers ses enfants (ou d’un mentor ou d’un ami). Leur diffusion à grande échelle dénuée d’authenticité comme c’est le cas à la télévision les banalisent et les rendront sans pouvoir dans la bouche d’un humain.

La responsabilité anthropocentrique des entreprises 

Si l’on poursuit sur la lancée qui est la notre en matière d’intelligence artificielle et de robotisation des outils de production et de réflexion, nous serons mis face à la nécessité de ne plus nous considérer comme la seule entité capable d’appréhender le monde qui nous entoure et de définir ses orientations car nous serons épauler / supplanter / remplacer par une intelligence qui prévoit-on nous dépassera en capacité et nous fera quitter l’idée que nous ne pouvions compter que sur notre seule perspective humaine pour mener nos affaires.

La responsabilité cosmologique des entreprises

Ce principe m’a été inspiré par la déclaration du PDG de Tesla Motors, Elon Musk qui aimerait bombarder la planète Mars d’ogives nucléaires pour faire fondre la glace dont la planète est recouverte. L’ambition ? Produire sur la planète rouge des conditions de vie plus proche de celles de la Terre et afin de nous permettre un jour de la coloniser dans de bonnes conditions. 

http://www.maxisciences.com/mars/comment-elon-musk-veut-rendre-mars-habitable-avec-des-bombes-nucleaires_art35910.html

Nous devenons capables d’agir sur la destinée cosmologique et notre influence sur celle-ci, notre capacité à l’infléchir, nous rend co-créateur de celle-ci.

Enfin une autre responsabilité devrait pointer son nez d’ici quelques temps que l’on pourra nommer :

la responsabilité métaphysique des entreprises 

Dès lors que nous serons en mesure d’infléchir le cours de notre mort comme le prévoit par exemple Laurent Alexandre dans son livre “le fin de la mort”, nous serons alors tenu de nous interroger sur nos devoirs pour ce qui concerne la destinée humaine et notre rapport à son apparition : et notamment, sommes-nous le fruit d’un dessin ou d’un hasard ? 

 

Ce contenu a été initialement publié le 17 janvier 2016 sur la page : http://hrchannel.com/event/3422/management–performance/management-et-gouvernance-rh/a-quoi-sert-l-entreprise

Pourquoi une majorité d’entreprises échouent dans la mise en application des idées qui naissent en leur sein et comment elles peuvent inverser cette tendance.

Derrière les idées -faut-il le rappeler- il y a des êtres humains et souvent une expérience humaine sincère or dans la majorité des cas l’entreprise l’ignore et ne s’intéresse qu’au côté profitable de l’idée. Elle est dans ce cas destructrice de richesses car elle dissocie l’idée de la chaîne de connaissance à laquelle elle appartient.

Au cours de mon parcours professionnel, il m’a souvent été donné d’observer que les idées émises en interne par les salariés sont détournées ou plus exactement déconnectées c’est à dire qu’elles sont mises en application sans implication de leurs véritables auteurs. D’après mon propre constat, dans beaucoup de cas ce n’est même pas fait de façon intentionnelle, c’est plutôt la répétition aveugle d’un réflexe de masse issu du système particulier de création de richesse dans lequel nous naviguons, notre économie.

L’idée est alors confiée à une autre personne d’un niveau hiérarchique plus élevé ou d’un service spécialisé dans le traitement des idées. Plus tard pourtant une fois l’idée matérialisée -quand elle l’est- ses effets bénéfiques sont soit de courte durée soit inexistant soit décevant, alors qu’à l’origine à sa simple évocation, l’idée laissait présager tout un horizon de nouvelles richesses.

Pourtant une personne à l’origine d’une idée quand celle-ci lui est propre, c’est à dire quand elle provient de son expérience sur le terrain, détient un point de vue unique et irremplaçable. Cela fait d’elle une source précieuse dont il n’est pas question de se couper si l’on veut que l’idée soit appliquée avec justesse et qu’ensuite elle mûrisse et livre les fruits dont elle est la promesse.

Derrière les idées il y a des êtres humains et si vous l’ignorez, vous videz l’idée de sa substance, vous la videz de son âme, la condamnant à devenir une coquille vide qui se cassera sitôt que vous vous en serrez emparée, vous condamnant à votre tour vous et votre entreprise à un destin funeste vivant dans l’illusion que la prochaine idée sera la bonne sans prendre conscience que cette prédation envers les idées est justement l’origine du problème. La reconnexion des idées avec leur source émettrice est le seul antidote.

Une idée appliquée dans le respect de son émetteur(trice) et quand celui-ci (celle-ci) l’a fait naître de son expérience sincère sur le terrain vaut mieux que 1000 idées déconnectées de leur source.

En entreprise c’est l’une des plus belles choses, l’une des plus gratifiantes et enrichissantes aussi, que de voir les individus être reconnus pour leurs idées et être impliqués dans leur matérialisation effective jusqu’à l’accomplissement intégral de la promesse que chacune d’entre elles faisait naître dans les esprits de celles et ceux qui en avaient pris connaissance. C’est là une des plus belles vocations à laquelle toute entreprise aurait pu s’atteler, une vocation humaine.

Derrière les idées il y a des êtres humains et si vous séparez les 2, vous n’aurez ni l’un ni l’autre car les idées ne tiendront jamais leur promesse et les êtres humains finiront par ne plus partager leurs idées.

Epilogue

A l’opposé de cette pratique il y a aussi les entreprises qui confient bien la réalisation des idées à leurs émetteurs(trices) mais qui ne fournissent pas à ceux-ci (celles-ci) les moyens et les soutiens suffisant pour garantir leur réussite. La motivation des individus finit alors par s’étioler et les idées par revenir à leur point de départ.

Je ne blâme pas d’entreprises en particulier car comme je le dis plus haut, nous sommes face à des réflexes à l’échelle d’un système et peut être même au-delà de réflexes culturels. Et il existe bien entendu des entreprises faisant exception. Il existe aussi des réalités plus nuancées que celle que j’évoque. En outre toute entreprise peut tôt ou tard prendre conscience de cette inadéquation et la renverser pour créer enfin un cercle vertueux en matière de production et de réalisation des idées en interne. Il n’existe pas de fatalité et, en ces temps de crise, l’opportunité de changer ce qui paraissait immuable est forte.

 

Crédit photo : © olly – Fotolia.com

Ce contenu a été initialement publié le 1er septembre 2011 sur un de mes précédents blogs intitulé ‘Créons ensemble de nouvelles richesses’ aujourd’hui offline

Cet article a été initialement publié le 10 octobre 2010 sur un de mes précédents blogs intitulé ‘Créons ensemble de nouvelles richesses’ aujourd’hui offline.

 

Bloguer ce n’est pas qu’une question d’autopromotion. Ce n’est pas nécessairement chercher la popularité. Ce n’est pas qu’une question de valorisation de l’égo, une quête de la séduction, un penchant narcissique qui se résumerait à s’aimer au travers du regard des autres.

Il y a quelque chose d’autre, quelque chose qui mérite toute notre attention et qui pourrait faire de l’acte de bloguer un acte créateur de bienfait pour la communauté.

Car bloguer c’est aussi un moyen d’entrer en connaissance avec soi-même, c’est aussi un moyen de toucher du doigt sa différence à force d’approfondir le sujet qui nous fait vibrer.

C’est un moyen d’apprivoiser sa différence et de l’afficher au grand jour, de la revendiquer, voire même ainsi de créer du sens aux yeux des lecteurs, d’un seul lecteur quand bien même (et ce serait déjà une bonne chose). C’est afficher le produit de son intelligence unique ou permettre à celle-ci d’éclore par le jeux des commentaires que le blog suscitent. C’est donc mettre son intelligence particulière, talentueuse, au service de la communauté et le rendre disponible pour que par les jeux des interactions naisse une intelligence collective globale, planétaire.

Alors bien sûr les blogueurs ne sont pas une élite. Ils ne vont pas ‘sauver le monde’.

Il ne suffit pas d’ouvrir un blog pour automatiquement devenir un acteur co-créateur de l’intelligence collective planétaire.

En tant que blogueur nous ne sommes pas les premières cellules de cette intelligence collective comme je le titre mais sans doute les prémices de ces cellules. Nous sommes sur la voie et en prendre conscience pourrait nous aider à ne pas nous perdre en chemin.

Du fait de la position qu’il occupe dans notre société les blogueurs ont potentiellement la capacité de devenir des catalyseurs d’intelligence collective. Ce n’est pas pour autant que les blogueurs actuels ont choisis d’endosser clairement ce rôle.

Nous savions déjà au début de l’essor de l’internet durant les années 90 que l’une des plus belles destinations que celui ci annonçait résidait dans la constitution d’une intelligence collective digne de ce nom, il y avait débat sur ce sujet à cette époque, mais nous avons oublié cet aspect, nous l’avons chassé de notre esprit pour nous concentrer sur le développement de l’internet dans les sphères de nos activités traditionnelles quotidiennes, maintenant que l’internet s’est immiscé dans notre vie entière, dans notre travail, nos loisirs, notre éducation ou encore notre vie sociale au quotidien, nous allons pouvoir nous attacher à un déploiement de celui ci sur des sphères plus ‘intimes’ de nous mêmes et qui auront automatiquement des répercutions encore plus globales.

En nous dévoilant toujours plus dans des dimensions personnelles sur l’internet et en les partageant nous nous autorisons paradoxalement à élargir le champs d’action de l’internet sur nos ‘affaires’ courantes.

Ce qui compte, ce qui est créateur de valeur ajoutée et qui pourrait contribuer à nous faire faire un bond évolutif en tant qu’humanité, ce n’est pas le sérieux du contenu des blogs, de savoir si les blogs traitent de sujets sérieux et s’ils sont tenus effectivement par des experts dans leur domaine, ce qui compte c’est la manière dont ils sont tenus par leur auteur. Ce sont les valeurs à la lumière desquelles ils sont écrits.

Un blog sur le jardinage tenus par une sommité du domaine dont le lectorat se compte par milliers et un autre blog sur le jardinage tenu par un jardinier amateur dont le lectorat se compte par dizaines ont autant d’importance dans la constitution d’une intelligence collective global à partir du moment où ils sont tous les 2 tenus dans un état d’esprit bien précis.

Ce qui compte en premier lieu c’est que ces 2 blogueurs bloguent dans un esprit authentique de partage et de transparence c’est a dire avec sincérité. C’est la sincérité qui va permettre au blogueur d’offrir un contenu qui ne ressemble à aucun autre et qui donc aura tout son sens à exister et à être mis à la disposition de la communauté des hommes.

Un blogueur qui communique au fil de l’eau son expérience et fait part de ses réussites, de ses échecs, de ses doutes, de ses interrogations voire de ses propres trouvailles et mêmes si celles-ci peuvent aller à contre-courant du savoir académique est créateur d’une forme de savoir que l’on pourrait qualifier de «non savoir» lequel est une matière noble, une richesse pour son lectorat et la communauté. Il est un terreau approprié à la constitution d’une d’intelligence collective et dès lors qu’il sera relié à d’autres non savoirs disséminés sur la toile.

Quelque soit cette différence, ce talent que l’on va tout à la fois apprendre à connaître soi-même et chercher à communiquer aux yeux du monde, tout est dans l’attitude est celle-ci peut être résumée en 4 mots : partage, sincérité, transparence et neutralité.

C’est ainsi que le blogueur s’engage dans une voie royale où il ne se contente plus de partager les faits et gestes des autres, et notamment des entreprises, des marques, des politiques, des ‘peoples’ mais où il partage de façon transparente et sincère son propre vécu et sa réflexion sur les thèmes qui le passionnent ainsi que ses trouvailles. Il ne se contente plus de relayer du sens, il en créé. Il créé plus de sens qu’il n’en consomme. En parlant de lui, il parle aux autres. Et ce qui apparaît alors comme un exercice finalement très personnel contribue à l’avancement des intérêts de la communauté toute entière.

La volonté très humaine de mise en avant de son égo est toujours présente mais elle est maintenue en respect à bonne distance délibérément et par une volonté pas toujours très conscience d’elle-même, une volonté d’un nouveau type qui s’évertue à vouloir connaître sa différence, la façonner progressivement en un talent et l’afficher au grand jour. C’est une tentative d’apporter le meilleur de soi, de se connecter à son intelligence propre non pas comme un moyen unique de se faire valoir donc, mais comme un moyen de contribuer à l’enrichissement et l’enluminement du monde.

C’est une volonté qui participe à transcender et à tirer le genre humain vers le haut en percevant intuitivement chacun, à commencer par soi-même, comme une richesse à part entière unique qui mérite de prendre la place qui lui revient et qui est convaincu que la juxtaposition des richesses individuelles est en mesure de créer une richesse collective d’un nouveau type et qui ne pourrait apparaître autrement.

C’est œuvrer à l’avènement d’un monde de diversité où la liberté d’être différent, d’être soi sera enfin non plus l’exception mais la règle, où la coopération vraie succédera à la compétition maladive et à outrance.

La diversité est possible dans le respect et l’affirmation juste des différences à commencer par la sienne. Tel est la voie royale du blogueur et son leitmotive.

En guise d’épilogue à ce billet, j’ajouterais que si le profil de l’individu dont je parle plus haut dans cet article apparaît réellement dans un futur plus ou moins proche, il fera référence à une nouvelle génération de blogueurs que l’on pourra qualifier de ‘blogueurs créateurs’. Mais sans doute lui attribuerons-nous un nouveau nom. La conscience humaine évoluant et notre appropriation de l’outil internet changeant en conséquence, nous inventons régulièrement de nouvelle façon de nous expandre sur celui-ci. Nous nous dirigeons inévitablement vers une nouvelle forme majeure d’expression qui va succéder aux blogs ou les réinventer totalement. Ce que l’on nomme « réseaux sociaux » seront affectés par cette évolution également parce que ces derniers dans leur forme actuelle, n’ont de réseau social que l’apparence et le nom.

Cet article a été initialement publié le 6 octobre 2010 sur un de mes précédents blogs intitulé ‘Créons ensemble de nouvelles richesses’ aujourd’hui offline.

 

L’idée cours sur le web qu’il y aurait des blogueurs influents et certains blogueurs se voient attribuer ce titre. Blogueur influent ? Voilà une notion qui est un héritage du vieux monde et de sa manie à établir une division là où il n’y a pas lieu d’en avoir.

Bien entendu, un blogueur est un influenceur. Mais de là à en faire un signe distinctif entre les blogueurs c’est oublié que le net est le reflet de notre aspiration d’être-humain à créer un monde plus égalitaire. Nous avons créé l’internet pour nous ménager un espace où chacun pourrait être sur un pied d’égalité et c’est faire marche arrière que de vouloir distinguer parmi la population des blogueurs ceux qui, soit disant, seraient plus influents que les autres au point de leur attribuer un titre.

L’influence est une chose sur laquelle il serait sage de ne pas se focaliser et de ne pas chercher à mesurer parce que celle-ci répond à des mécanismes complexes que nous ne comprenons que partiellement pour l’instant.

Dans un univers où tout est lié et de plus en plus, comme a commencé à le démontrer la science de la complexité, tout participe à tout. L’internet est justement un lieu où la complexité se tisse à chaque instant à mesure que les liens hypermédias se font et se défont. Un blogueur n’est pas une unité séparée. Derrière un blogueur auquel on affuble le titre de blogueur influent, ou plutôt tout autour de lui, il y a une myriade de blogueurs et de lecteurs qui sont liés à lui et sans lesquels son existence perd son sens. Il n’en est pas pour autant le centre. Sans doute serait-il plus juste de le considérer comme une composante du groupe comme une étoile peut l’être au sein d’une constellation.

Nous adoptons une pensée partielle à un phénomène qui réclame pour être apprécié à sa juste valeur une pensée complexe. La notion de blogueur influent est le produit de cette pensée inadaptée.

En tant qu’internaute, lorsque vous revenez régulièrement sur un blog pour y lire des articles lesquels suscitent chez vous un intérêt et inspirent votre action cela ne signifie pas que l’auteur de ces articles vous influence. C’est vous en tant que lecteur qui êtes prêt à recevoir ce contenu et qui autorisez les effets qu’il peut avoir sur vous. Il en est ainsi du fait du cheminement qu’a suivi jusqu’à la lecture de ces articles votre pensée. Et cette pensée vous appartient.

Ces mêmes articles pourront n’avoir aucune conséquence sur d’autres lecteurs que vous, or si le blogueur qui en était à l’origine était soit disant un blogueur influent, il devrait influencer un point c’est tout. Il faut être 2 pour qu’une influence s’opère. Aucun blogueur n’a d’emprise sur son lectorat à moins que ce dernier ne le lui autorise.

En fin de compte il est peut être plus juste de considérer que c’est le lecteur qui est influent pas le blogueur. Car en effet le lecteur donne au contenu du blogueur du crédit par l’intermédiaire de ses clics, ses votes, ses re-tweets (RT) et ses commentaires. Cette attention apporté par le lecteur n’est-il pas la véritable source d’influence puisqu’il envoie au blogueur des signaux positifs qui vont l’inciter à poursuivre ou à revenir sur ces mêmes idées déjà exposées et cela notamment à des fins d’audience.

La notion de blogueur influent laisse supposer que les blogueurs endossant ce ‘titre’ sont des blogueurs plus importants que les autres, qu’il faut les suivre pour rester dans le courant, mais c’est oublier que bon nombre de grandes idées, et dans tous les domaines, sont restées dans l’ombre ainsi que leurs géniteurs avant d’éclore au grand jour bien plus tard. Ils n’auraient jamais été considérés inluents donc au moment opportun où ils ont écrits leurs idées maîtresses. Il peut y avoir donc des contenus, des idées livrés à un instant T mais dont le soi-disant pouvoir d’influence ne se révélera que plus tard lorsqu’un lectorat aura parcouru le chemin nécessaire à son assimilation. Il serait peut être judicieux donc de regarder les contenus sur le net qui ne font pas spécialement l’objet de recommandations sous un autre oeil.

Bien sûr l’internet du fait du brassage des idées et des savoirs qu’il autorise aurait tendance à raccourcir le temps avec lequel nous finissons par isoler les idées et les solutions talentueuses mais il ne peut pas se substituer à notre esprit et nous guérir de notre myopie.

La notion de blogueur influent laisse supposer qu’il existe des blogueurs plus influents que les autres. L’influence se mesurerait notamment à l’aune des tweets que suscitent le contenu publié sur son blog et/ou à l’aune en tant que micro-blogueur sur twitter par exemple des re-tweets (RT) que suscitent ses tweets. Seulement comment faut-il interpréter ce ‘pouvoir d’influence’ ? Le fait que le contenu de son blog ou de ses tweets suscitent un mouvement grégaire de recommandations signifie-t-il qu’il est le véhicule d’une pensée commune ? S’agit-il d’influence ou de mimétisme ? Son ‘influence’ sert-elle aussi à démocratiser et répandre des idées plus en marge ? Y parvient-elle ?

Soyons clair, le rôle de ce blogueur dit ‘influent’ est nécessaire à la blogosphère. Mais sans doute fait-il référence à une forme particulière d’influence. Ce qui est dommageable c’est de lui attribuer la qualificatif de ‘blogueur influent’ parce qu’ainsi nous occultons les autres formes d’influence et contribuons à focaliser l’attention sur quelque uns, à nous fermer à l’altérité et à créer un phénomène de starification rampante de la blogosphère ainsi qu’un phénomène de ‘course à l’influence’.

Je nomme ‘course à l’influence’ une certaine propension chez un nombre croissant de blogueurs à poster un maximum de billets sur leur blog ou leur micro-blog avec l’espoir qu’ils soient recommandés par un maximum d’internautes, d’amis (facebook) et de followers (twitter). Cela est tout à fait normal en soi mais ce qui change c’est l’intention avec laquelle ces billets sont écrits puisqu’elle est motivée davantage par des critères quantitatifs. Cette pratique si elle se confirmait et se maintenait dans le temps n’est pas de très bonne augure car le partage de liens qui est l’un des ressort de l’internet, sans oublié le partage de ses propres impressions et idées, perdent là en spontanéité et en fraîcheur et irrémédiablement tôt ou tard en intégrité. Une autre course, celle de l’audimat à la télévision, nous a appris à quel point le qualificatif pouvait être mis en danger à partir du moment où le quantitatif devait le référent principal.

Espérons que nous n’en arriverons pas là au sein de la blogosphère à moins que nous y soyons déjà puisqu’il commence à éclore sur le web des classements de blogueurs fondés sur des critères de mesure d’audience et de recommandations et donc d’influence.

Persister dans cette voie c’est jouer avec l’équilibre de la blogosphère et le menacer de se rompre.

Conclusion

Tout blogueur est un blogueur influent. Le titre de blogueur influent ne peut être une consécration pour un blogueur. Attribuer ce titre à seulement quelque uns c’est instaurer de l’inégalité dans l’internet qui est un espace où la valeur égalitaire est une valeur pilier, une valeur reine.

L’influence est une notion emblématique. Seulement nous avons une approche partielle, étroite du phénomène du fait de notre pensée qui gagnerait à devenir plus global et plus complexe et sans doute aussi à se désintoxiquer des valeurs du vieux monde. Sans doute allons-nous réviser totalement notre idée du phénomène avec le temps.

A-t-on par exemple songé à nous intéresser à la sérendipité comme mécanisme supplémentaire d’influence ? L’internet est un lieu propice aux sérendipités du fait de la façon dont il structure le savoir et l’information. Les publications d’un blogueur peuvent générer peu de recommandations sur le net mais être à l’origine d’un nombre notable de sérendipités.

Les blogueurs sont davantage à considérer comme étant une communauté en constitution. Si nous persistions à vouloir attribuer la qualificatif de ‘blogueur influent’ à quelque uns alors au minimum, demandons l’avis de chaque blogueur sur ces attributions. Personnellement, je ne participerai pas à un tel vote car encore une fois j’estime que tout blogueur mérite ce titre.

La vocation d’un blog ce n’est pas d’ajouter de la division et de tenter d’exercer une forme de pouvoir sur les pensées, d’influencer le plus de gens possible et même si cela peut être un effet corollaire du blogging. La vocation d’un blog c’est d’être l’espace d’expression libre de sa différence et peu importe si celle-ci n’engage qu’une faible audience et qu’un faible taux de RT.

Quand un blogueur parvient à afficher sans complexe sa différence en tant qu’individu sur son blog il est bien au delà de la notion d’influence. Il devient contagieux car il fait apparaître au grand jour ce qu’il a de meilleur et cela est naturellement source d’exemple et d’inspiration. Il fait écho à notre aspiration à vivre non plus dans un monde d’uniformité où les autres nous sont inconnus, mais dans un monde de diversité où les autres sont perçus comme nos égaux du fait de leur aspiration à faire briller au grand jour ce qui fait d’eux des personnes uniques. Connaître sa différence et la valoriser à sa juste valeur c’est là le but de toute existence et l’internet n’y est pas étranger.

Cet article a été initialement publié le 24 août 2010 sur un de mes précédents blogs intitulé ‘Créons ensemble de nouvelles richesses’ aujourd’hui offline.

Comment l’action de bloguer en nous offrant la possibilité d’apprendre à mieux nous connaître contribue à l’instauration d’une intelligence collective

 

Depuis plus de 4 ans que j’ai ouvert ce blog je me suis aperçu -et c’est l’une de belles surprises que m’ait offerte cette expérience- que bloguer c’est une manière d’apprendre à mieux se connaître soi-même.

On a pu dire beaucoup de choses à propos des blogs et notamment qu’ils étaient des lieux de mise en avant de l’égo mais ce n’est pas l’essentiel selon moi à moins qu’on décide d’y attacher de l’importance. Ce que l’on dit moins, c’est qu’un blog peut être utilisé comme un outil hors pair de connaissance de soi par soi-même.

Et même lorsque le billet que je fais paraître sur mon blog est imparfait il a au moins le mérite de venir du tréfonds de moi et de me permettre de m’emmener plus loin dans la connaissance de ce que je suis, et cela, ça n’a pas de prix car mon intuition me fait penser que la connaissance de soi est la seule chose qui compte vraiment au fond dans un monde en décomposition totale.

Car en effet lorsque toutes les structures et tous les repères auxquels nous avons été habitués pendant non pas seulement des décennies mais aussi des siècles voire, oserais-je dire, des millénaires tombent un à un, l’un après l’autre et même tous ensemble que nous restera-t-il à chacun sinon ce que nous aurons réussi à connaître de nous-mêmes, de nos talents pour les transmettre aux autres, au monde entier.

Cela c’est notre plus grande richesse, c’est le repère ultime dans lequel nous pouvons puiser à volonté et nous ressourcer et rien ne peu l’entacher ou le corrompre car il est d’essence humaine.

Combien de temps passez-vous à cultiver cette vraie richesse qui sera la votre et qui n’empiétera pas sur celle du voisin ? Si en fin de compte le web est potentiellement infini du fait de sa nature numérique et non physique c’est pour permettre à chacun d’y avoir sa place. Non ?!

A un individu ou une entreprise qui voudrait aujourd’hui ouvrir un blog. je lui répondrais oui allez y foncez ! car attendez-vous à aller un peu plus à la rencontre de vous-mêmes mais aussi des autres (ce qui revient au même) grâce aux conversations notamment que vous pourrez déclencher.

Sachez que bloguer signifie partager et échanger et donc apprendre à se connaître soi-même et par extension apprendre à connaître les autres et le monde qui vous entoure.

Il est donc un moyen de faire valoir votre mélodie personnelle, d’entrer en conversation non seulement avec vos lecteurs, avec les autres mais aussi avec vous-mêmes pour finalement vous permettre de distinguer ce qui parmi vous est de votre propre essence de ce qui ne l’est pasce qui encore une fois, est la seule chose qui vaille la peine d’être intentée aujourd’hui alors que nous tentons de traverser chacun individuellement et tous ensemble collectivement l’une des périodes de l’histoire de l’humanité la plus critique qui lui ai été donnée de vivre.

Dans la nouvelle terre que nous approchons et à laquelle la crise généralisée nous prépare vous ne pouvez emporter que vous-mêmes aussi tâchez de savoir ce qui vous appartient de ce que vous avez emprunté aux autres. Si vous tenez un blog ou tout autre chose qui s’en approche pour seulement y donner des liens vers des contenus que vous avez attrapés au gré de vos surfs, il est peut être temps de vous demander si vous ne perdez pas un temps précieux que vous pourriez employer pour nous parler de choses qui VOUS concernent et qui une fois partagées pourront sans doute intéresser la communauté des hommes et sa grande sagesse. Vous feriez alors l’agréable découverte que c’est vous d’abord que vous allez intéresser et enrichir en procédant ainsi.

Et du côté des entreprises maintenant on peut se demander si beaucoup d’entre elles -pour ne pas dire la très grande majorité d’entre elles- ne bloguent pas -ou pour certaines ne bloguent plus- parce qu’elles ont rompu avec leur valeurs fondatrices dont l’association et l’affirmation au grand jour faisaient d’elles des entités uniques et à succès  ? Est-ce qu’elles ont peur d’entrer en conversation avec leurs clients et la société civile dans son ensemble parce qu’elles pourraient s’apercevoir de ce divorce avec elles-mêmes du fait d’une financiarisation de leur modèle de développement déjà entamée ou auquelle elles songent ou s’attendent à plus ou moins court terme ?

Pourquoi ne comprennent-elles pas -ou font-elles semblant de ne pas comprendre après l’épisode tragico-comique du sauvetage des banques- que la financiarisation de l’économie est un leurre et que si celui-ci persiste c’est uniquement par perfusion et donc sans aucun avenir réel ?

Il existe une autre voie et celle-ci parle d’humanisation de l’économie qui est la seule voie qui vaille la peine d’être considérée sérieusement puisque faut-il le rappeler, l’humain est ce qui traverse le temps. L’humain existait déjà il y a 300 000 ans, pas la finance.

Les modèles de développement, les modèles économiques eux ont muté de nombreuses fois et changeront encore au diapason des nouvelles aptitudes que les hommes développeront et des nouvelles valeurs qu’ils mettront en avant en délaissant les anciennes comme de vieilles chaussettes.

Les blogs en leur permettant d’entrer en conversation avec elles-mêmes et donc de renouer avec leur valeurs fondatrices et à succès mais aussi en instaurant une conversation avec les clients et prospects qui sont avides d’un tel échange, sont une chance pour les entreprises et devraient leur permettre de s’éloigner des sirènes de la financiarisation.

Ben sûr le blog ne fait pas tout, il ne suffit pas d’en ouvrir un pour que le miracle se produise. Je parle bien d’adopter une attitude générale dont le blog peut servir de pierre angulaire.

Et maintenant j’aimerais vous dire comment ce processus de connaissance de soi se déroule en ce qui me concerne. Celui-ci se déroule en 3 temps :

1er temps :

Quelque chose éveille mon attention dans ma vie de tous les jours ou parfois dans l’actualité et cela parfois suscite en moi des réactions ou des idées nouvelles plus ou moins fortes, plus ou moins claires. Je jette sur le coin d’une feuille quelques mots voire quelques idées clef.

2eme temps :

Parfois dès le 1er temps je parviens à “pondre” un texte d’une seule traite qui ne demandera par la suite peu de corrections mais le plus souvent c’est après avoir laissé infuser en moi les quelques lignes de départ que je parviens à en faire un texte complet argumenté. Je le publie alors ensuite sur mon blog.

3eme temps :

Une fois que la publication du texte est effectuée je peux :

  • être lu par les internautes abonnés à mon fil RSS
  • avertir mes amis facebook et mes followers sur twitter de la sortie de mon article (mon facebook est bien actif mais ne cherchez pas mon compte twitter il est au point mort pour l’instant)
  • ce trafic va potentiellement m’apporter des commentaires sur le blog ou sur facebook et twitter lesquels vont contribuer à enrichir ma propre vision du sujet traité
  • autre aspect moins évident mais pas des moindres : je vais prendre confiance en moi et en ma capacité à traiter ce contenu. Publier sur un blog provoque un effet d’entraînement. Le plus difficile est le premier billet que l’on sort sur un sujet nouveau et d’autant que celui-ci nous est personnel. Ensuite cette « barrière » franchie alors on prend du plaisir à l’alimenter au moyen de nouveaux articles. Maintenant que j’ai réussi en ce qui me concerne à vous parler de méditation sur mon blog j’envisage de poursuivre sur ce thème plus sereinement alors que j’ai pris beaucoup de temps à vous dévoiler au sein de ce premier billet cet aspect de moi-même et ma vision personnelle du sujet qui n’est pas conventionnelle de surcroît.

 

Ce déroulement en 3 temps n’a rien d’extraordinaire me direz-vous et vous avez raison mais si l’on gratte derrière les apparences voilà ce que j’ai pu observer pour ma part tiré de ma propre expérience  :

Chaque étape est un bond autant quantitatif que qualitatif : je commence par quelques lignes puis je poursuis par un texte complet et enfin j’ouvre une catégorie spécialement dédiée afin d’y classer mes prochains textes faisant référence à la même thématique.

On peut dire que le rapport est de 1 pour 10 entre la 1ere étape et la 2eme et peut être de 1 pour 100 entre la 1ere et la 3eme étape.

Autrement dit et pour faire simple : 1 ligne en produit 10 autres qui à leur tour en produisent 100.

Ce rapport 1-10-100 me semble aussi bien refléter ce que l’on gagne à s’afficher au grand jour au travers de son blog. Tout d’abord en faisant l’effort d’argumenter sous forme d’un texte mes premières impressions personnelles je vais clarifier mes propres impressions de départ et faire parfois des liens inédits avec d’autres idées auxquelles je n’avais pas pensées au départ. Ensuite je remarque que plus j’exprime sur mon blog mes idées personnelles plus je me donne les moyens de creuser en moi pour en toucher du doigt d’autres car ce travail “d’accouchement” fait, je vais être davantage sensible à d’autres faits et impressions qui lui sont en rapport. C’est un processus qui s’auto-alimente et s’apparente à une pelote de laine que l’on déroule ou encore à un chemin que l’on creuse en soi et qui nous permet d’atteindre des contrées nouvelles parfois inexplorées de soi.

Autrement dit quand on commence à communiquer 1 chose sur soi on se donne le potentiel d’en communiquer 10 et quand on communique 10 on se donne la possibilité d’en livrer 100 parce qu’il en est ainsi de la découverte de soi.

Disons qu’une personne qui décide de partager sur son blog des idées et des événements personnels est au stade 10 quand une personne qui se contente de commenter les blogs des autres en est au stade 1. Le blogueur décidé à partager ce qu’il est sur son blog marche vers les 100. Car c’est une chose qui est rarement évoquée dans les débats sur la vie privée -vie privée soit disant mise en danger par les réseaux sociaux- nous sommes bien plus que ce que nous communiquons sur l’internet. Nous sommes bien plus que les 10 que nous allons communiquer aux yeux du monde et cela est d’autant plus vrai que nous nous inscrivons dans une démarche de connaissance de nous-mêmes qui nous prépare à découvrir le stade des 100.

La meilleure image que je puis prendre est celle de l’iceberg où seulement 10% de la masse totale est visible à l’œil nu, le restant étant enfoui sous l’eau. Or bloguer avec l’intention de partager ce que l’on est c’est se permettre d’aller explorer cette partie immergée et en plus de la rendre visible aux yeux du reste du monde.

Attention cependant cette tentative de découverte de soi à travers la tenue d’un blog doit être menée de façon sincère et ne doit pas être l’objet d’une simulation ou d’une tentative de plaire car alors l’effet en serait amoindri c’est à dire que le rapport 1-10-100 s’appliquera à une échelle moindre par exemple 0.5-5-50 ou pire 0,1-1-10.

Conclusion

L’enjeu du développement exponentiel de l’internet et du web c’est l’instauration d’une intelligence collective à l’échelle de la planète.

La découverte de soi est l’une des plus belle expérimentation que nous pouvons nous autoriser par l’intermédiaire des blogs. Lorsque l’on apprend à se connaître soi-même on touche du doigt ses talents, on touche du doigt sa différence et on finit par vouloir la communiquer et en faire profiter les autres. Les blogs sont un moyen idéal de le faire sachant qu’ils sont autant une descente en soi qu’un moyen d’aller à la rencontre des autres pour établir une conversation et cela à l’échelle s’il le faut de la planète.

Or lorsque l’on apprend à se connaître soi-même on finit aussi par vouloir que les autres connaissent leur différence et on comprend que chacun a une place à prendre dans la société qui est sa propre place et que personne d’autre ne peut occuper.

Comme je l’exprimais dans un précédent billet intitulé “l’humain est le moteur du web”, une intelligence collective digne de ce nom sera << sans doute ce stade où, occupant chacun une place qui nous est propre, nous nous entendrons pour réfléchir et agir de concert et sans effort dans une même direction. Personne ne perd inutilement son énergie à essayer d’imiter les autres ou à prendre leur place.>>

Lorsqu’un individu parvient à exprimer fidèlement ce qu’il est au travers de son blog et à s’afficher au grand jour sans en rougir et sans tomber dans le sensationnel ou dans tout autre stratégie pernicieuse de l’égo qui n’aurait que pour effet de renforcer son propre égo et, qu’en outre, il n’a de cesse d’approfondir cet exercice de connaissance de soi-même par soi-même pour explorer les recoins les plus subtiles de son être alors il devient pareil à un neurone du cerveau humain au service d’un tout, d’une intelligence globale.

Le contenu de son blog devient la parfaite expression de son talent et celui-ci étant par définition unique et non reproductible par les autres, il cesse d’être un contenu pour devenir une ressource authentique et celle-ci est à la disposition des autres, du monde qui pourront simplement s’en abreuver ou mieux encore la lier à d’autres contenus devenus également ressources uniques pour qu’ensemble ils produisent une richesse globale, une intelligence collective qui est un tout supérieur à la somme de ses parties.

Nous avons besoin d’individus internautes et blogueurs qui assument parfaitement cette nouvelle transparence et qui deviendront alors les cellules neuronales au service et à la disposition d’une intelligence collective planétaire en pleine émergence.

J’ai conscience qu’il nous reste un petit bout de chemin à franchir pour y parvenir mais nous sommes sur la voie.

La meilleure démonstration que je puis faire de ce que j’avance c’est que moi-même j’applique ces idées et je m’y attacherai du mieux que je peux dorénavant sur mon blog.