Réflexions

Pourquoi n’existe-t-il pas de sciences des bugs ? J’entends des bugs informatiques. Ils sont concomitants de l’informatique et pour autant toujours pas acceptés comme tel. Est-ce dû au fait que les bugs sont une réalité « cachée » par les boites de dev informatique à leurs clients ? Cette explication me convainc à moitié mais faute de mieux… Est-ce l’#IA sera dépourvue de bugs ? De mon point de vue cela me parait impossible.

Il existe des biais cognitifs et des biais cultures. Il pourrait exister ce que nous pourrions nommer des biais civilisationnels. Il y en a un auquel je pense : nous sommes la civilisation la plus avancée du fait que nous sommes la dernière civilisation en date. Et son corollaire : nous sommes une civilisation immortelle.

Pourquoi a-t-on des « éclairs de génie » lorsqu’on s’y attend le moins en se brossant les dents ou en prenant une douche ? Parce que l’intelligence nait du vide, d’un vide fait sur le mental et qui laisse place à un état élargi de conscience. Or nous vivons une sur-abondance des pensées alimentée par un bombardement d’informations permanent, une infobésité comme il est devenu plus costume de l’appeler. Quand je suis dans le bus qui me ramène chez moi après ma journée de travail j’observe que mes contemporains sont très investis à occuper leur esprit de contenus issus de leur smartphone. 90% ont leurs écouteurs vissées dans leurs oreilles. Mais plus nous nous occupons l’esprit plus nous empêchons le vide de se faire. Or nous avons un besoin pressant de nouvelles idées pour faire face aux nombreuses crises qui s’offrent à nous. Il est important de se ménager des moments vides ou rien ne vient alimenter nos pensées, de créer une vacuité.

Ce que je crains c’est que n’ayant pas pu faire transiter notre société de (sur)consommation vers une société de l’intelligence et comme nous y étions destiné, nous aurons demain des produits de consommation courantes qui vont investir notre intelligence, des prêts à penser qui viendront nous dire comment penser telle ou telle situation et s’y orienter. Beaucoup s’y consacreront, les consommeront, parce qu’ils n’auront pas su se ménager des instants de vide.

La capacité à faire le vide est un muscle qui s’entretient et se renforce au quotidien. La méditation et ce que l’on nomme la pleine présence sont des alliés dans cette voie.

Etant donné que très peu sont les utilisateurs des réseaux sociaux à se soucier de la source des photos qu’ils « partagent », à citer votre nom, demain vous serez remplacer par des IA qui génèreront des photos dont on pourra croire qu’elles sont le fruit d’un travail photographique réel ce qui ne sera plus le cas puisqu’elles auront été artificiellement créées par des algorithmes eux-mêmes nourris par un fond photographique absorbé… sur les réseaux sociaux justement, réseaux sociaux où il n’est plus possible pour beaucoup de photos de remonter à la source du photographe créateur et que les concepteurs d’IA assimileront faussement à une manne dans laquelle piocher. Cette négation de valeur que l’on assimile volontiers au travail photographique érigera, en toute impunité, comme nouvelle valeur l’artifice photographique. Nous préparons une IA génératrice de PA : photographie artificielle.

Je poursuis ma réflexion sur une matrice qui restituerait les différents comportements individuels et sociaux vis à vis de l’écologie. Une première version a été réalisée. En identifiant d’autres comportements en supplément de ceux observés initialement j’ai estimé qu’il serait pertinent d’y ajouter en plus d’un axe des abscisses (ACTION) et d’un axe des ordonnées (VOLONTE), ce que l’on nomme je crois un “axe des cotes” (après une recherche sur google) que j’ai nommé OUVERTURE. La matrice devient donc une matrice en 3D. Ce nouvel axe OUVERTURE rend compte de notre propension à nous ouvrir aux autres et aux mondes pour ce qui relève de l’écologie.
Les nouveaux comportements : contestataires, convertis, opportunistes.
Voici la nouvelle matrice dont j’ai esquissé un brouillon. Je ne suis pas sûr d’être compétent pour ce qui de la réaliser proprement au moyen d’un logiciel graphique (j’ai utilisé GIMP) pour la précédente… Idéalement j’aurais besoin d’être épaulé par un graphiste à cette fin. Je poste sur twitter pour intéresser un graphiste à cette tâche.

Je réfléchissais ce week-end aux différentes manières dont mes contemporains abordaient l’écologie aujourd’hui. En me référant à mon expérience et à mes discussions sur le sujet je dirais qu’il existe 6 grandes familles :

  • les réfractaires
  • les attentistes
  • les suiveurs
  • les pragmatiques
  • les impliqués
  • les altruistes

Quelques observations au passage :

Une entité, individuelle ou organisationelle, est difficilement l’expression d’une seule famille. Elle peut cumuler différentes appartenances et celles-ci peuvent évoluer avec le temps.

Les marches pour le climat et les déplacements de foule suscités par Greta Thunberg sont plus le fait de suiveurs qui cherchent un guide, une personne providentielle sans laquelle ils ont du mal à envisager un passage à l’action.

Les entreprises appartiennent en majorité à la famille des attentistes, suiveurs et pragmatiques. Certaines deviennent plus impliquées mais cette implication est essentiellement conditionnée par un pragmatisme économique. Peu encore mettent un pied dans la sphère de l’altruisme cette sphère leur apparaissant comme antinomique avec leur mission. Elles le feront néanmoins motivée par une certaine forme de suivisme si elles ne sont pas isolées mais peuvent s’entourer d’autres entreprises comme avec le mouvement ‘1% for the planet’.

Le concept d’influence et d’influenceur et son corollaire la course effrénée à l’audience et aux abonnés sont directement issus de leur rencontre.

Il suffirait que nous sortions de la société du spectacle pour qu’il nous apparaisse comme une évidence que la course à l’influence fut une colonisation pour ne pas dire une contamination du réseau des réseaux.

Sans la société du spectacle l’internet aurait-il connu le même essor ? Il est certains qu’il aurait connu une autre direction et apparaitrait sous un visage totalement différent. A cette croisée de chemin particulière que nous traversons nous avons le choix d’une nouvelle société dont nous voudrions qu’elle prenne le leadership sur les autres.

Or l’avénement de cette nouvelle société en construction ne se fait pas consciemment si bien que nous sommes le plus souvent tiraillés entre plusieurs concept de nouvelles sociétés et qu’un choix malgré nous pourrait s’opérer inconscient des mécanismes par lesquels une nouvelle société s’installe et de celles qui sont en lice pour remplacer la société dominante ou peut-être même la proroger.

Notre temps pourrait être compté aussi quand nous estimons, même sans être sûr, que nous pouvons apporter à ce monde une réponse qui peut faire la différence aussi modeste soit-elle et permettre une sortie vers le haut. Quand nous estimons qu’il se pourrait que nous pouvons changer ce qui nécessite d’être changé pour permettre à nos descendances de continuer de profiter des choses simples de la vie comme une sortie entre amie alors n’est-il pas approprié de privilégier de construire et de nous doter d’outils et alors que les temps sont encore relativement calmes ?