conscience

Cet article a été initialement publié le 10 octobre 2010 sur un de mes précédents blogs intitulé ‘Créons ensemble de nouvelles richesses’ aujourd’hui offline.

 

Bloguer ce n’est pas qu’une question d’autopromotion. Ce n’est pas nécessairement chercher la popularité. Ce n’est pas qu’une question de valorisation de l’égo, une quête de la séduction, un penchant narcissique qui se résumerait à s’aimer au travers du regard des autres.

Il y a quelque chose d’autre, quelque chose qui mérite toute notre attention et qui pourrait faire de l’acte de bloguer un acte créateur de bienfait pour la communauté.

Car bloguer c’est aussi un moyen d’entrer en connaissance avec soi-même, c’est aussi un moyen de toucher du doigt sa différence à force d’approfondir le sujet qui nous fait vibrer.

C’est un moyen d’apprivoiser sa différence et de l’afficher au grand jour, de la revendiquer, voire même ainsi de créer du sens aux yeux des lecteurs, d’un seul lecteur quand bien même (et ce serait déjà une bonne chose). C’est afficher le produit de son intelligence unique ou permettre à celle-ci d’éclore par le jeux des commentaires que le blog suscitent. C’est donc mettre son intelligence particulière, talentueuse, au service de la communauté et le rendre disponible pour que par les jeux des interactions naisse une intelligence collective globale, planétaire.

Alors bien sûr les blogueurs ne sont pas une élite. Ils ne vont pas ‘sauver le monde’.

Il ne suffit pas d’ouvrir un blog pour automatiquement devenir un acteur co-créateur de l’intelligence collective planétaire.

En tant que blogueur nous ne sommes pas les premières cellules de cette intelligence collective comme je le titre mais sans doute les prémices de ces cellules. Nous sommes sur la voie et en prendre conscience pourrait nous aider à ne pas nous perdre en chemin.

Du fait de la position qu’il occupe dans notre société les blogueurs ont potentiellement la capacité de devenir des catalyseurs d’intelligence collective. Ce n’est pas pour autant que les blogueurs actuels ont choisis d’endosser clairement ce rôle.

Nous savions déjà au début de l’essor de l’internet durant les années 90 que l’une des plus belles destinations que celui ci annonçait résidait dans la constitution d’une intelligence collective digne de ce nom, il y avait débat sur ce sujet à cette époque, mais nous avons oublié cet aspect, nous l’avons chassé de notre esprit pour nous concentrer sur le développement de l’internet dans les sphères de nos activités traditionnelles quotidiennes, maintenant que l’internet s’est immiscé dans notre vie entière, dans notre travail, nos loisirs, notre éducation ou encore notre vie sociale au quotidien, nous allons pouvoir nous attacher à un déploiement de celui ci sur des sphères plus ‘intimes’ de nous mêmes et qui auront automatiquement des répercutions encore plus globales.

En nous dévoilant toujours plus dans des dimensions personnelles sur l’internet et en les partageant nous nous autorisons paradoxalement à élargir le champs d’action de l’internet sur nos ‘affaires’ courantes.

Ce qui compte, ce qui est créateur de valeur ajoutée et qui pourrait contribuer à nous faire faire un bond évolutif en tant qu’humanité, ce n’est pas le sérieux du contenu des blogs, de savoir si les blogs traitent de sujets sérieux et s’ils sont tenus effectivement par des experts dans leur domaine, ce qui compte c’est la manière dont ils sont tenus par leur auteur. Ce sont les valeurs à la lumière desquelles ils sont écrits.

Un blog sur le jardinage tenus par une sommité du domaine dont le lectorat se compte par milliers et un autre blog sur le jardinage tenu par un jardinier amateur dont le lectorat se compte par dizaines ont autant d’importance dans la constitution d’une intelligence collective global à partir du moment où ils sont tous les 2 tenus dans un état d’esprit bien précis.

Ce qui compte en premier lieu c’est que ces 2 blogueurs bloguent dans un esprit authentique de partage et de transparence c’est a dire avec sincérité. C’est la sincérité qui va permettre au blogueur d’offrir un contenu qui ne ressemble à aucun autre et qui donc aura tout son sens à exister et à être mis à la disposition de la communauté des hommes.

Un blogueur qui communique au fil de l’eau son expérience et fait part de ses réussites, de ses échecs, de ses doutes, de ses interrogations voire de ses propres trouvailles et mêmes si celles-ci peuvent aller à contre-courant du savoir académique est créateur d’une forme de savoir que l’on pourrait qualifier de «non savoir» lequel est une matière noble, une richesse pour son lectorat et la communauté. Il est un terreau approprié à la constitution d’une d’intelligence collective et dès lors qu’il sera relié à d’autres non savoirs disséminés sur la toile.

Quelque soit cette différence, ce talent que l’on va tout à la fois apprendre à connaître soi-même et chercher à communiquer aux yeux du monde, tout est dans l’attitude est celle-ci peut être résumée en 4 mots : partage, sincérité, transparence et neutralité.

C’est ainsi que le blogueur s’engage dans une voie royale où il ne se contente plus de partager les faits et gestes des autres, et notamment des entreprises, des marques, des politiques, des ‘peoples’ mais où il partage de façon transparente et sincère son propre vécu et sa réflexion sur les thèmes qui le passionnent ainsi que ses trouvailles. Il ne se contente plus de relayer du sens, il en créé. Il créé plus de sens qu’il n’en consomme. En parlant de lui, il parle aux autres. Et ce qui apparaît alors comme un exercice finalement très personnel contribue à l’avancement des intérêts de la communauté toute entière.

La volonté très humaine de mise en avant de son égo est toujours présente mais elle est maintenue en respect à bonne distance délibérément et par une volonté pas toujours très conscience d’elle-même, une volonté d’un nouveau type qui s’évertue à vouloir connaître sa différence, la façonner progressivement en un talent et l’afficher au grand jour. C’est une tentative d’apporter le meilleur de soi, de se connecter à son intelligence propre non pas comme un moyen unique de se faire valoir donc, mais comme un moyen de contribuer à l’enrichissement et l’enluminement du monde.

C’est une volonté qui participe à transcender et à tirer le genre humain vers le haut en percevant intuitivement chacun, à commencer par soi-même, comme une richesse à part entière unique qui mérite de prendre la place qui lui revient et qui est convaincu que la juxtaposition des richesses individuelles est en mesure de créer une richesse collective d’un nouveau type et qui ne pourrait apparaître autrement.

C’est œuvrer à l’avènement d’un monde de diversité où la liberté d’être différent, d’être soi sera enfin non plus l’exception mais la règle, où la coopération vraie succédera à la compétition maladive et à outrance.

La diversité est possible dans le respect et l’affirmation juste des différences à commencer par la sienne. Tel est la voie royale du blogueur et son leitmotive.

En guise d’épilogue à ce billet, j’ajouterais que si le profil de l’individu dont je parle plus haut dans cet article apparaît réellement dans un futur plus ou moins proche, il fera référence à une nouvelle génération de blogueurs que l’on pourra qualifier de ‘blogueurs créateurs’. Mais sans doute lui attribuerons-nous un nouveau nom. La conscience humaine évoluant et notre appropriation de l’outil internet changeant en conséquence, nous inventons régulièrement de nouvelle façon de nous expandre sur celui-ci. Nous nous dirigeons inévitablement vers une nouvelle forme majeure d’expression qui va succéder aux blogs ou les réinventer totalement. Ce que l’on nomme « réseaux sociaux » seront affectés par cette évolution également parce que ces derniers dans leur forme actuelle, n’ont de réseau social que l’apparence et le nom.