idées

Pourquoi une majorité d’entreprises échouent dans la mise en application des idées qui naissent en leur sein et comment elles peuvent inverser cette tendance.

Derrière les idées -faut-il le rappeler- il y a des êtres humains et souvent une expérience humaine sincère or dans la majorité des cas l’entreprise l’ignore et ne s’intéresse qu’au côté profitable de l’idée. Elle est dans ce cas destructrice de richesses car elle dissocie l’idée de la chaîne de connaissance à laquelle elle appartient.

Au cours de mon parcours professionnel, il m’a souvent été donné d’observer que les idées émises en interne par les salariés sont détournées ou plus exactement déconnectées c’est à dire qu’elles sont mises en application sans implication de leurs véritables auteurs. D’après mon propre constat, dans beaucoup de cas ce n’est même pas fait de façon intentionnelle, c’est plutôt la répétition aveugle d’un réflexe de masse issu du système particulier de création de richesse dans lequel nous naviguons, notre économie.

L’idée est alors confiée à une autre personne d’un niveau hiérarchique plus élevé ou d’un service spécialisé dans le traitement des idées. Plus tard pourtant une fois l’idée matérialisée -quand elle l’est- ses effets bénéfiques sont soit de courte durée soit inexistant soit décevant, alors qu’à l’origine à sa simple évocation, l’idée laissait présager tout un horizon de nouvelles richesses.

Pourtant une personne à l’origine d’une idée quand celle-ci lui est propre, c’est à dire quand elle provient de son expérience sur le terrain, détient un point de vue unique et irremplaçable. Cela fait d’elle une source précieuse dont il n’est pas question de se couper si l’on veut que l’idée soit appliquée avec justesse et qu’ensuite elle mûrisse et livre les fruits dont elle est la promesse.

Derrière les idées il y a des êtres humains et si vous l’ignorez, vous videz l’idée de sa substance, vous la videz de son âme, la condamnant à devenir une coquille vide qui se cassera sitôt que vous vous en serrez emparée, vous condamnant à votre tour vous et votre entreprise à un destin funeste vivant dans l’illusion que la prochaine idée sera la bonne sans prendre conscience que cette prédation envers les idées est justement l’origine du problème. La reconnexion des idées avec leur source émettrice est le seul antidote.

Une idée appliquée dans le respect de son émetteur(trice) et quand celui-ci (celle-ci) l’a fait naître de son expérience sincère sur le terrain vaut mieux que 1000 idées déconnectées de leur source.

En entreprise c’est l’une des plus belles choses, l’une des plus gratifiantes et enrichissantes aussi, que de voir les individus être reconnus pour leurs idées et être impliqués dans leur matérialisation effective jusqu’à l’accomplissement intégral de la promesse que chacune d’entre elles faisait naître dans les esprits de celles et ceux qui en avaient pris connaissance. C’est là une des plus belles vocations à laquelle toute entreprise aurait pu s’atteler, une vocation humaine.

Derrière les idées il y a des êtres humains et si vous séparez les 2, vous n’aurez ni l’un ni l’autre car les idées ne tiendront jamais leur promesse et les êtres humains finiront par ne plus partager leurs idées.

Epilogue

A l’opposé de cette pratique il y a aussi les entreprises qui confient bien la réalisation des idées à leurs émetteurs(trices) mais qui ne fournissent pas à ceux-ci (celles-ci) les moyens et les soutiens suffisant pour garantir leur réussite. La motivation des individus finit alors par s’étioler et les idées par revenir à leur point de départ.

Je ne blâme pas d’entreprises en particulier car comme je le dis plus haut, nous sommes face à des réflexes à l’échelle d’un système et peut être même au-delà de réflexes culturels. Et il existe bien entendu des entreprises faisant exception. Il existe aussi des réalités plus nuancées que celle que j’évoque. En outre toute entreprise peut tôt ou tard prendre conscience de cette inadéquation et la renverser pour créer enfin un cercle vertueux en matière de production et de réalisation des idées en interne. Il n’existe pas de fatalité et, en ces temps de crise, l’opportunité de changer ce qui paraissait immuable est forte.

 

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Ce contenu a été initialement publié le 1er septembre 2011 sur un de mes précédents blogs intitulé ‘Créons ensemble de nouvelles richesses’ aujourd’hui offline