Lettre ouverte

Bonjour M. Bompard,

Comment en êtes-vous arrivé alors que je vous tendais la main en tant que client de votre enseigne à me traiter en retour comme le pire de vos concurrents ? Non seulement vous avez ignoré mes invitations mais dans le même laps de temps que je vous les adresse, votre équipe développe un micro site web intitulé « Mission Zéro Plastique » qui vient faire barrage à mes invitations et à la création associée « Plastique mon amour! ».

Quelle est la grandeur de votre enseigne au juste ? Est-ce qu’elle consiste à écraser de tout son poids les clients créateurs dont je fais partie pour en absorber la substance moelle ? Ce ne serait pas plutôt de reconnaitre à ceux-ci un pouvoir d’innocuité et leur permettre de vous le transmettre dans un cadre ad hoc emprunt de confiance et collaboration ? Votre plateforme sur le zéro plastique aurait pu être un tel cadre si elle ne s’était pas construite sur une ruine sciemment orchestrée par vos services, la mienne. Pensez-vous pouvoir construire quelque chose de viable et durable sur des décombres ?

Avez-vous conscience de ce à quoi ressemble mon quotidien depuis la sortie de votre plateforme ? Comment vous et votre équipe avez-vous pu rester imperméable à mon message posté ce jour-là ? Avez-vous conscience que les créateurs de ma trempe sont des individus animés d’une volonté d’apporter de façon altruiste le fruit de leur réflexion et de leur travail ? Si je n’attendais rien en retour de la main que je vous tendais cela ne signifiait pas pour autant qu’il fallait me considérer comme un faible insignifiant qui ne pourrait se défendre. En agissant ainsi vous perpétuer un monde où il est coutumier d’en imposer aux autres autrement dit de faire valoir son pouvoir pour écraser son prochain plutôt que de l’aider à s’élever.

Nous sommes à un tournant de notre histoire en tant que civilisation. De notre capacité à prendre nos responsabilités partout où des crises font peser la menace d’un effondrement systémique dépend notre avenir ainsi que celui des générations futures. Si dès lors qu’un créateur intente quelque chose de neuf pour tenter une voie de sortie par le haut et qu’en retour il ne peut finalement espéré qu’être malmené lui et sa création alors nous construirons à coup sûr un monde où plus personne n’osera prendre d’initiative créative à un moment où leur nécessité se fait sentir de façon impérieuse.

Vous avez présentement le choix de faire de l’internet où vous êtes venu oeuvrer un cran au dessus avec votre plateforme « Mission Zéro Plastique » un enfer ou un paradis de la création ? Qu’allez-vous choisir ? Réhabiliter la source de votre inspiration (ma création) a minima en la citant ou ignorer ce fait une seconde fois après cette lettre ?

Bien cordialement,
Boris Perchat