yahoo

Pour en finir avec l’an 2000 c’est le nom d’un programme spécial diffusé en janvier 1998 sur la chaîne Canal+. Il s’agissait d’une nuit entière d’interviews, reportages, extraits de films dédiés au mythe de l’an 2000. Un accompagnait et annonçait l’émission lequel a été réalisé par mes soins dans le courant de l’année 1997. A l’époque les codes étaient différents d’aujourd’hui et son apparence parait aujourd’hui désuète.

Le site est consultable ici ; il manque certaines images ce qui se produit souvent quand l’ Archive s’occupe d’archiver un site web.

J’ai imaginé les rubriques suivantes et ai écrit leur contenu pour enfin les mettre en forme en tant que page web :

  • Robida, Visionnaire
  • La Carte du Futur
  • Peut-on créer le futur
  • L’arche de Noé

Je ne connaissais pas Albert Robida à l’époque. J’ai voulu réaliser une rubrique sur le site web à son sujet quand l’équipe de Canal+ m’a parlé de lui.

Les en page d’accueil ne sont pas de mon fait ; elles sont des de l’illustrateur de l’équipe au sein de laquelle je travaillais.

J’ai mis en place d’autres pages web lors de mon passage au sein de la cellule web de Canal+. J’ai également travaillé pour Canal+ Multimédia, j’aurai l’occasion d’y revenir. J’avais le statut d’intermittent du spectacle.

Vous remarquerez que le design du site web est désuet. En réalité il appartient à un autre âge. Si vous n’avez pas connu le web dans ses premiers , sachez qu’en 1997 les standards graphiques étaient différents. Voici par exemple la page d’accueil de en 1998. Si vous la comparez à celle actuelle vous comprendrez mieux.

les débuts de l'internet en France en 1995 les débuts de l'internet en France en 1995

Avant de vous montrer ce site créé en dans une prochaine partie dont la publication est à venir, souvenons-nous d’abord du contexte.

En 1995 le web fait parler de lui en France et interroge : faut-il s’y intéresser sérieusement ou pas ?

J’avais la chance de travailler en semaine à Paris cette année là. J’ai conscience que cela a été une chance en effet car Paris a été l’un des épicentres majeurs de la diffusion de l’internet et du web en France. J’ai eu l’occasion de surcroît du fait de mon travail d’approcher des acteurs de l’internet. Le week-end je quittais Paris et repartais chez moi à Épernay ce qui me permettait d’être témoin de l’essor de l’internet selon un autre prisme, différent de celui de l’écosystème parisien.

Je me souviens à l’époque de publics éclectiques. Il y avait les convaincus et évangélisateurs. Il y avait les utilisateurs curieux possédant déjà leur abonnement et ceux qui percevaient l’internet a contrario comme un effet de mode. Entre les 2 il y avait les attentistes, les indécis et ceux qui n’en avaient encore jamais entendu parlé ou qui en avaient attendu parlé sans jamais l’avoir vu. Qu’à cela ne tienne, en 1995 des cafés, tel que le Café Orbital à Paris, commencent à proposer à leurs clients de « surfer sur le net » pour 1 franc la minute et ouvrent la voie à ce que l’on nommera « cybercafés » lesquels essaimeront en grande quantité les années suivantes partout en France.

Extrait du journal France3 du 12 mai 1995 – Les débuts d’Internet en France – Café Orbital, un des premiers cybercafés – Source : France3/INA – Source vidéo

Tous les utilisateurs ne disposaient pas nécessairement d’une connexion chez eux car se connecter au réseau des réseaux n’était pas une pratique si aisée qu’elle l’est de nos jours. La connexion n’était en effet pas permanente et fluide comme aujourd’hui mais nécessitait une démarche volontaire qui comportait une petite dose de technicité et ne serait-ce que pour parvenir à brancher et paramétrer le boitier de connexion à l’internet (le modem) sur son . Une tentative de connexion pouvait échouer et il pouvait être nécessaire de s’armer de patience, sans compter qu’un abonnement à l’internet représentait un budget (entre 70 et 250 francs chaque mois selon les fournisseurs auxquels il fallait ajouter le plus souvent des frais d’ouverture de contrat d’abonnement). Pour beaucoup d’utilisateurs des premières heures, l’internet fut accessible donc par le biais des cybercafés mais aussi par l’intermédiaire des entreprises qui les employaient ; une majorité des abonnements à l’internet furent dans un premier contractés par des entreprises. Je bénéficiais d’une connexion à la maison (via Imaginet) et d’une connexion au travail pour ma part.

Un exemple de modem – Source – Licence : Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license.

En 1995, on compte 7 millions d’internautes dans le monde dont 250 000 environ en France (beaucoup moins selon d’autres sources, tout dépend de ce que l’on considère comme un internaute, doit-on comptabiliser ceux qui se connectent dans un cybercafé sans connexion à la maison ?). Nous sommes aujourd’hui 5,2 milliards d’internautes répartis sur toute la planète dont 61 millions environ en France.

En 1995 nous sommes encore loin d’une démocratisation du réseau des réseaux et spécialement de son fer de lance, le web, qui n’interviendra qu’à partir de 1999 avec l’accès « haut débit » l’ADSL puis dans les années 2000 avec l’essor du commerce électronique. En 1995 nous ne sommes certes plus dans les prémices du web en France que des acteurs tels que French Data Network et Altern ont consacrés dès 1992 ou encore Oléane dès 1991 mais nous sommes encore dans ses débuts. L’accès grand public au web va franchir un palier supplémentaire grâce à des fournisseurs d’accès à l’internet (FAI) français tels que World-Net (dès 1994), FranceNet (dès 1994), CalvaCom (dès 1994), Internet plus (dès 1994), MicroNet, InternetWay, Club-Internet, Infonie et Imaginet. Pour rappel, le plus célèbre FAI, Wanadoo créé par France Télécom (renommé Orange en 2006) n’interviendra qu’à partir de 1996. France Télécom dans un premier temps fera en effet le choix de ne pas miser sur l’internet et privilégiera son fleuron le Minitel en place depuis 1980. Le Minitel rassemble à l’époque plus de 6 millions d’utilisateurs et donne accès à 25 000 services. Au cours des 10 années suivantes il perdra 90% de ses utilisateurs qui lui préfèreront l’internet.

Minitel
Un minitel. Crédit photo kevin, CC BY 2.0 via Wikimedia Commons

Outre Atlantique, un autre acteur de taille, Microsoft, fait barrage à l’internet auquel il ne croit pas et développe un projet concurrent. A contrario d’un réseau public accessible à tous comme le suggère l’internet, le patron de Microsoft, Bill Gates, entame la construction d’un réseau privé intitulé The Microsoft Network (MSN) dont il va offrir les prémices aux utilisateurs de son système d’exploitation vedette Windows95 et auquel il se destine exclusivement. Mais il finit par se raviser car le succès de l’internet ne se dément pas et devient toujours plus fulgurant. Microsoft changera son fusil d’épaule en 1996 et décidera de développer son propre navigateur internet, Internet Explorer, qui viendra concurrencer la navigateur emblématique de l’époque : Netscape Navigator.

Apparu en 1994 Netscape Navigator est le premier navigateur internet a avoir été distribué à grande échelle. Il était téléchargeable gratuitement et accessible aussi bien sur Windows, Mac OS qu’Unix. Il était plébiscité aussi bien des utilisateurs que des concepteurs de sites web à la fois pour son interface mais aussi pour ses fonctionnalités et avancées techniques qui permettaient notamment une plus grande richesse et liberté de mise en page… Les concepteurs de Netscape Navigator inventèrent notamment le GIF animé (toujours très populaire de nos jours) ou encore la balise HTML ‘blink’ pour les connaisseurs qui se souviennent 😉

Netscape Navigator a beaucoup contribué à rendre les contenus présentés sur le web de plus en plus intéressants et de plus en plus attrayants à un moment où les internautes voulaient se laisser séduire par cette nouvelle manière de naviguer dans le savoir que l’internet leur offrait.

La version 2.02 de Netscape Navigator – Voir en grande tailleIndolering, CC0, via Wikimedia Commons

1995 c’est l’année du lancement du site de vente en ligne Amazon lequel débute en proposant exclusivement des livres (Cyber-BookStore). 1995 c’est 1 an après la des moteurs de recherche Yahoo et Altavista et 3 ans avant la création de Google et de son célèbre moteur de recherche du même nom.

La page d’accueil du Amazon (août 1995) – Source : restauration de Taran Van Hemert – Cliquez sur l’image pour la voir en grande taille

Courant 1994 on compte sur le globe 3000 sites web (à l’époque on ne les nomme pas ‘sites web’ mais ‘serveurs web’). Fin 1994, on en compte 10000. Courant 1995, on en dénombre 23 500. Aujourd’hui en le nombre de sites web disponibles sur la planète approche les 2 milliards.

En France quelques publications spécialisées commencent à apparaitre dans les kiosques à journaux comme par exemple Internet Reporter (voir la couverture du n°3 du mois de mai 1995 ci-dessous). D’autres médias papier parlent de l’internet en lui consacrant une rubrique ou un article, voire plusieurs (Magazine ‘Interactif’ de février 1995, voir couverture ci-dessous). La période est riche d’autres thématiques qui occupent les imaginaires, tels que le cyber et le virtuel, thématiques qui sont très proches pour ne pas dire en phase avec celle véhiculée par l’internet si bien que ce dernier va s’inviter de plus en plus dans les publications. Quant aux médias mainstream ils ne s’en font encore l’échos que comme s’il s’agissait d’une bête curieuse. Retard qu’ils combleront l’année suivante en 1996 où le terme de « révolution » sera allègrement associé à celui de l’internet (Magazine ‘Capital’ de juillet 1996, voir couverture ci-dessous).

C’est que l’internet et le web plus qu’aucune autre technologie émergente croissent à une vitesse vertigineuse et détournent l’attention et l’argent jusqu’à lors focalisée sur 2 grands  avec des conséquences économiques bien réelles, le multimédia et les Autoroutes de l’information, chantiers dans lesquels des pays dont la France sont sérieusement investis en 1995.

La révolution internet” dossier spécial du magazine Capital au mois de juillet 1996 – Crédit photo : Boris Perchat (collection personnelle)
La révolution internet” dossier spécial du magazine Capital au mois de juillet 1996 – Crédit photo : Boris Perchat (collection personnelle)

 

Le supplément du magazine CD MEDIA intitulé 'Internet Reporter' - Edition du mois de mai 1995 - Crédit photo : Boris Perchat
Le supplément du magazine MEDIA intitulé ‘Internet Reporter’ – Edition du mois de mai 1995 – Crédit photo : Boris Perchat (collection personnelle)

 

Magazine Interactif du mois de février 1995 - Consacre plusieurs articles à l'internet - Crédit photo : Boris Perchat
Magazine Interactif du mois de février 1995 – Consacre plusieurs à l’internet – Crédit photo : Boris Perchat (collection personnelle)

En cours :

Je suis en quête d’un logo de l’hébergeur Altern.org et de la société Oléane datant de 1995 et de façon à les ajouter à l’image en tête de l’article.
Le logo FDN en noir et blanc est celui de French Data Network mais il date de 1997. Là aussi je suis en quête d’un logo de 1995.

Sources principales :

www.internetlivestats.com/
fr.wikipedia.org/wiki/Internet_en_France
www.zdnet.fr/actualites/il-y-a-20-ans-l-adsl-fait-entrer-la-france-dans-le-haut-debit-39887067.htm
enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000451/les-debuts-d-internet-en-france.html
www.legaline.com/column7.htm www.cnetfrance.fr/produits/histoire-d-internet-explorer-de-1995-a-nos-jours-39754632.htm#:~:text=Internet%20explorer%20a%20fait%20ses,pack%20d'am%C3%A9liorations%20pour%20Windows.
fr.wikipedia.org/wiki/Minitel#cite_note-ZDnet-35
www.zdnet.fr/actualites/minitel-encore-220-millions-de-connexions-en-2007-39377219.htm
www.ibiblio.org/pioneers/andreesen.html steve-parker.org/articles/microsoft/
www.sam-mag.com/default.aspx?ACT=5&content=391&id=11&mnu=1
fr.wikipedia.org/wiki/Netscape_Navigator
www.letenneur.com/
Magazine Internet Reporter n°1 / 3 / 10

Images en tête de l’article :

Le globe terrestre provient de Shutterstock /  Dima Zel
Les logos des FAI proviennent de scanners effectués sur des magazines issus de la collection personnelle de Boris Perchat (Internet Reporter notamment)
Les logos FDN et Infonie proviennent de archive.org

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